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Le Granary Wharf risque d?attendre

2 août 2003, 20:00

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Un hôtel, des appartements de luxe, un centre de conférences, un complexe commercial, un parking souterrain. Voilà pour l?essentiel du projet du Port-Louis Waterfront Phase II. Ce développement immobilier prévu à l?emplacement qui part de Trou-Fanfaron à l?ancien Grenier sur le front de mer est estimé à Rs 2,5 milliards. Les concepteurs ont voulu privilégier une approche intégrée car l?objectif est de développer un pôle de commerce, de loisirs, d?activités culturelles et touristiques ainsi que des résidences de haut standing.

Tout commence à la fin des années 90. Satyajit Boolell est à la présidence du conseil d?administration de la State Property Development Company Ltd (SPDC) et Michaël Bootle en est le directeur. Des promoteurs immobiliers internationaux basés en Australie, en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud sont sollicités.

En mai 1998, la SPDC choisit la firme sud-africaine Thebe Housing (Pty) Ltd représentée à Maurice par Navin Hoolooman, un Quantity Surveyor connu, comme partenaire stratégique du projet. En septembre de la même année, une délégation mauricienne se déplace en Afrique du Sud pour discuter du concept.

Entre-temps, d?autres promoteurs soumettent des projets. On retrouve d?abord Gold Harbour Ltd, un consortium comprenant, outre Gold Harbour Ltd, TCI properties, V&A Waterfront (Pty) Ltd, ADM Juul, Grinaker LTA et Nedcor Investment Bank. Le représentant local de Gold Harbour Ltd est l?avoué Ravi Ramdewar. Il y a également le Desbro Group et Gold City Development Ltd.

Les deux derniers soumissionnaires sont éliminés, le comité d?évaluation trouvant des faiblesses à leurs propositions. Restent donc en lice Thebe Housing (Pty) Ltd et Gold Harbour Ltd. Les deux projets se valent. Toutefois le consortium de Gold Harbour Ltd demande à la SPDC un important apport financier alors que celui de Thebe Housing (Pty) Ltd repose sur des investissements étrangers. Comme les deux projets impliquent une forte participation de la Nedcor, le haut-commissaire sud-africain participe aux réunions de travail à la SPDC.

Exercice de « due diligence»

Par la suite, les choses évoluent plus lentement. Il y a les élections et le changement de gouvernement de septembre 2000. Au début de 2002, la SPDC demande à Sir Marc David QC d?effectuer un exercice de due diligence sur les promoteurs mais l?exercice est abandonné à la démission de Sir Marc David QC. Puis, en novembre 2002, à la demande du gouvernement, Thebe Housing (Pty) Ltd et Gold Harbour Ltd s?allient pour créer un consortium.

Mais trois mois plus tard, Thebe Housing (Pty) Ltd, qui entre-temps a pris le nom de Katavi (Pty) Ltd, quitte le consortium. Katavi (Pty) Ltd justifie sa décision par le non-respect d?une clause du contrat. Des observateurs font toutefois remarquer qu?on est à la fin de février 2003. L?actualité est alors marquée par le début de l?affaire MCB-NPF.

A ce jour, la SPDC se retrouve face à deux consortiums. Katavi (Pty) Ltd lui réclame un mandat pour continuer le projet. Ses représentants étaient à Maurice la semaine dernière. Il a même proposé un plan qui fixe le début des travaux à juin 2004 et l?inauguration du Port-Louis Waterfront II qui sera appelé Granary Wharf en décembre de l?année prochaine.

Le conseil d?administration de la SPDC est appelé à répondre à des questions délicates. Les membres du conseil se demandent si le fait d?accorder un mandat à Katavi (Pty) Ltd n?entraînerait pas la compagnie d?Etat dans une situation où elle devra payer des dommages à Gold Harbour. Et comme il fallait s?y attendre, tout le tapage autour du projet depuis une semaine ne manquera pas de retarder la mise en oeuvre. Entre-temps les coûts augmentent et l?on risque de devoir attendre longtemps avant de voir se dresser les bâtiments du Granary Wharf.

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