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Le gouvernement et le JEC affichent une confiance mesurée

1 février 2004, 20:00

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LA RÉUNION trimestrielle entre le gouvernement et le secteur privé a surtout permis de faire le suivi des dossiers en cours. Pas de pistes fraîches donc pour de nouvelles politiques, mais les participants ont eu l?occasion de constater l?avancement des dossiers et débloquer des chantiers en suspens.

La rencontre de samedi a aussi été l?occasion de déclarer la guerre aux ?mauvaises perceptions? du public en ce qui concerne la situation économique et sociale du pays. Sur ce plan, le gouvernement et le secteur privé affichent un ?optimisme prudent?.

Les perspectives économiques pour 2003 sont meilleures que lors des années précédentes, disent-ils. ?Le mood a radicalement changé au début de l?année. Il y a aussi les faits. Les indicateurs sont là pour en témoigner?, a commenté le Premier ministre, Paul Bérenger, lors d?un point de presse après la réunion.

L?optimisme ?prudent? annoncé constitue donc une amélioration par rapport à l?autre formule consacrée : ?l?économie passe du rouge à l?orange?. Les indicateurs qui justifient le retour à la confiance, selon l?organisation du secteur privé et les responsables politiques, sont, entre autres, la hausse de la croissance économique (5,1 % prévu pour 2004, contre 4,4 % en 2003) et un environnement de faible inflation (avec un taux qui se stabilisera autour de 4 % en 2004).

Divergences d?opinion sur le tourisme

Sur le plan international, la situation s?améliore aussi, grâce à la reprise de l?économie mondiale et au contexte géopolitique moins instable que les années précédentes. Or, ni le gouvernement ni le Joint Economic Council (JEC) ne parviennent à dire si le taux de croissance de 5,1 % sera suffisant pour relancer l?emploi de manière à maîtriser le problème du chômage. Paul Bérenger se veut plus modeste sur ce plan. ?Nous ferons tout pour éviter des pertes d?emplois?, dit-il.

Le tourisme, secteur sur lequel le gouvernement compte beaucoup pour générer des emplois dans le court terme, était l?un des principaux dossiers à l?agenda. Des signes perceptibles de différences d?appréciation se font voir entre les deux parties. Ainsi, même s?il dit s?opposer aux vols charters, le gouvernement n?a toujours pas tranché en matière de politique aérienne. ?Nous prendrons le temps qu?il faudra pour ouvrir le ciel mauricien à un deuxième transporteur français?, dira-t-il.

Autre son de cloche du côté du JEC, qui parle lui de 2 000 lits supplémentaires que les hôteliers devront pouvoir vendre cette année. ?Il nous faudra savoir comment transporter cette clientèle additionnelle à Maurice?, s?inquiète son président, Gilbert Espitalier Noël.

Le gouvernement et le secteur privé sont cependant d?accord sur le sujet du faible taux de l?investissement privé dans l?économie. Mais les fondamentaux sont là pour inciter les entreprises à investir de nouveau, explique Paul Bérenger. Selon lui, les forces agissant contre l?investissement sont derrière nous. Les restructurations des industries du textile et du sucre arrivent à terme et devraient ainsi libérer des ressources pour les projets de développement.

La situation sociale et politique à Madagascar est depuis longtemps revenue à la normale. Les goulets d?étranglement auxquels sont confrontés les opérateurs diminuent. D?autre part, les taux d?intérêt ont pris une tendance descendante. ?Les entreprises étaient trop occupées à se restructurer pour pouvoir consentir suffisamment de temps, d?énergie et de ressources financières aux projets d?investissement?, observe Gilbert Espitalier Noël de son côté.

La ZF en question

Même si les indicateurs tournent graduellement au vert, la situation dans la zone franche reste précaire. Le gouvernement évoque des plans d?urgence pour sortir l?industrie de ses difficultés actuelles. Et d?évoquer une démarche auprès de l?Union européenne pour obtenir un fonds de restructuration pour l?industrie du textile-habillement des pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique).

Le Premier ministre se dit malgré tout ?confiant? que la zone franche pourrait réaliser une meilleure performance, et ce grâce à des carnets de commandes qui se remplissent depuis le début de l?année.

Malgré les pertes d?emplois enregistrées dans le secteur l?an dernier, les autorités s?inquiètent que les usines ne puissent trouver suffisamment de main-d??uvre pour répondre à la hausse des commandes.

La situation budgétaire reste difficile, concède le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth. Il évoque une meilleure planification des dépenses publiques avec la mise en place du Medium Term Expenditure Framework.

La collecte des revenus devrait s?améliorer avec la création de la Mauritius Revenue Authority et de l?exercice d?assainissement à la douane.

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