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Le gouvernement de Sharon menacé
La fragile coalition du Premier ministre israélien Ariel Sharon se trouve une fois de plus menacée par un différend sur le budget 2005, qui pourrait accélérer le calendrier électoral et mettre en péril le plan de retrait de la bande de Gaza dont le chef du gouvernement a fait une priorité.
La crise a éclaté lundi lorsque le parti laïque Shinui, premier partenaire du Likoud à la Knesset, a fait savoir qu’il voterait contre le projet de budget qui sera examiné mercredi en première lecture. Si tel est le cas, Sharon n’hésitera pas à exclure le Shinui du gouvernement, ont rétorqué des collaborateurs du Premier ministre.
Privé de ce soutien, Sharon devra gagner celui des travaillistes, perspective que rejette sa propre formation. À l’initiative des “francs tireurs” opposés à son plan de retrait de la bande de Gaza, le comité central du Likoud a en effet exclu l’hypothèse d’une alliance avec le Parti travailliste. “Si tous ces efforts échouent, nous n’aurons d’autres choix que les élections anticipées”, a souligné Uzi Arad, conseiller du Premier ministre. “Des élections maintenant mettraient en péril la stabilité politique et économique de l’Etat d’Israël”, a averti Sharon lundi, soulignant que son plan de retrait, qui prévoit le démantèlement de toutes les colonies de la bande de Gaza et de quatre des 120 implantations de Cisjordanie avant la fin 2005, s’en trouverait lui aussi affecté.
En votant contre le gouvernement, le Shinui entend dénoncer les subventions que Sharon a promises à un petit parti religieux dont les voix lui sont nécessaires pour faire adopter le projet de budget. “Si un vote a lieu demain, nous voterons contre”, affirme Joseph Lapid, chef de file de la formation, dans un entretien publié lundi par le quotidien Maariv. “Nous pouvons voter en faveur du plan de désengagement (de la bande de Gaza) depuis les bancs de l’opposition aussi”, a-t-il ajouté. Si, conformément à la constitution, le budget n’est pas adopté avant le 31 mars, le gouvernement Sharon tombera et des élections anticipées seront organisées.
Côté travailliste, Shimon Peres s’est dit prêt à évoquer avec Sharon la formation d’un gouvernement d’union nationale. Selon Arad, le Premier ministre espère que les membres du Likoud, confrontés au choix entre une alliance avec les travaillistes et des élections anticipées, choisiront la première option, le parti ayant plus à perdre avec la seconde.
Réuni mardi, le comité central du parti travailliste a par ailleurs reporté au 12 décembre la désignation de son nouveau chef de file. Le vote devrait se résumer à un face à face entre Peres, actuel titulaire du poste, et Ehud Barak, qui a signé un retour très remarqué en politique.
L’ancien Premier ministre, battu en 2001 par Sharon, a fait irruption sur l’estrade et, à la hussarde, s’est emparé d’un micro pour exhorter les membres du comité central à reporter le scrutin interne.
Megan GOLDIN
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