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Le G7 lance un appel aux groupes pétroliers pour amortir les coûts
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Le G7 lance un appel aux groupes pétroliers pour amortir les coûts
Les pays du G7 ont lancé un appel pressant aux groupes pétroliers et pays producteurs pour qu’ils réinvestissent les bénéfices énormes qu’ils engrangent dans de nouvelles capacités de raffinage et d’extraction afin de calmer la flambée des prix du brut. Cela a été le sujet principal des discussions et des préoccupations des grands argentiers des sept pays les plus riches du monde réunis à Washington vendredi 23 septembre.
Les prix du brut ont doublé depuis le début 2004 et avec eux, les craintes pour la croissance mondiale, la confiance des ménages – que la hausse des prix de l’essence prive d’une partie de leur pouvoir d’achat – et les entreprises qui voient leurs coûts augmenter. “Des investissements importants sont nécessaires dans l’exploration, la production, les infrastructures d’énergie et les capacités de raffinerie”, a insisté le G7 (Allemagne, Japon, France, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Canada) dans son communiqué final.
<B>100 millards de dollars de bénéfices</B>
Cette parade permettrait selon le forum de répondre non seulement à l’appétit vorace des automobilistes américains, mais aussi à celui de pays émergents comme la Chine, l’Inde ou encore le Brésil, qui ont un besoin énorme d’énergie pour se développer.
Qui doit payer pour développer ces infrastructures ? Ceux qui engrangent les dividendes de la hausse des prix. Que ce soit les pays producteurs ou les groupes pétroliers qui affichent des bénéfices record trimestre après trimestre.
Sur les six premiers mois de 2005, les bénéfices du premier groupe pétrolier du monde, l’Américain Exxonmobil, ont atteint le chiffre record de 15,5 milliards de dollars. Au total, des analystes estiment que les cinq principaux groupes pétroliers mondiaux feront plus de 100 milliards de dollars de bénéfices cette année.
“Le montant des investissements dans les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) est deux à trois fois inférieur à celui de pays comme le Canada ou les Etats-Unis”, a affirmé Xavier Musca, le directeur français du Trésor, lors d’une conférence de presse. “On voit bien que ces pays accumulent des excédents dont ils pourraient réinvestir une partie dans l’exploitation et la production”, a-t-il ajouté.
Il a aussi souligné le problème du raffinage. Aux Etats-Unis, aucune raffinerie n’a été construite depuis 1976. Les groupes pétroliers ont souffert pendant des années de marges bénéficiaires très faibles ne permettant pas les très lourds investissements que nécessite un tel outil industriel.
Le cyclone Katrina a révélé toute la fragilité de l’infrastructure, qui tourne à pleine capacité ou presque. L’interruption d’une partie de la production démultiplie les conséquences.
Delta Air Lines, la troisième compagnie aérienne des Etats-Unis, ployant sous le poids du prix du kérosène est en faillite et va licencier jusqu’à 9 000 personnes. En France, les camionneurs se sentent étranglés et manifestent bruyamment.
Le cartel des pays producteurs comprend bien que ce boom a aussi un revers en incitant les consommateurs à développer des sources d’énergie alternatives. Le G7 a consacré une partie de son communiqué au sujet.
Le 21 septembre, sentant peut-être le vent du boulet du G7, les pays membres de l’OPEP ont dévoilé à Vienne un projet d’investissement massif dans la construction de nouvelles raffineries, aussi bien chez eux qu’à l’extérieur, en Chine notamment. “Chaque pays membre construit de nouvelles raffineries. Nous faisons beaucoup dans le secteur du raffinage (...), bien plus que notre seul devoir qui concerne la production”, avait alors déclaré le président du cartel, le Koweïtien cheikh Ahmad al-Fahd al-Sabah.
<B>© Le Monde 2005
Distribué par The New York Times Syndicate
Avec AFP</B>
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