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Le facteur humain

11 juin 2004, 20:00

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La stratégie énoncée par Pravind Jugnauth repose sur une intelligente articulation entre le c?ur et l?intelligence. Le ministre met en ?uvre des mécanismes de réduction des inégalités tout en donnant le soutien politique et institutionnel aux PME pour créer de l?emploi.

Pour réaliser cet équilibre entre l?économique et le social, Pravind Jugnauth a joué sur plusieurs tableaux. D?un côté, il annonce des allégements d?impôts pour la classe moyenne, une augmentation des prestations sociales en faveur des démunis et la démocratisation de l?accès aux terres. De l?autre, il détaille des mesures susceptibles de créer un nouveau pôle de croissance, les petites et moyennes entreprises.

Cette démarche procède d?une approche globale : le développement n?est durable que s?il répond aux demandes sociales de la population. A travers un éventail de mesures, symboliques ou concrètes, en faveur des classes les moins aisées, Pravind Jugnauth démontre qu?il a été sensible aux attentes populaires. Sur le plan politique, il en récoltera certainement les dividendes.

Le quatrième budget de cette législature tranche avec les précédents car il tient compte du facteur humain. Depuis que l?actuel régime est au pouvoir, il a cherché à doter le pays d'infrastructures de qualité et à restaurer les grands équilibres macroéconomiques et macrofinanciers, mais entre-temps, un malaise social subsistait. Il manquait dans les discours officiels une tonalité qui dénote la proximité.

Les déshérités avaient commencé à se sentir des laissés-pour-compte de l?économie. Pravind Jugnauth leur a démontré qu?il se soucie de leurs préoccupations. Les mesures qu?il a annoncées ne suffiront pas à venir à bout de la pauvreté et de l'exclusion mais grâce à elles Pravind Jugnauth se sera révélé comme un leader attentif.

Le discours du budget 2004?2005, c?est en quelque sorte un acte fondateur de la carrière politique de Pravind Jugnauth. Il a marqué de façon claire ce nouveau départ en choisissant de ne faire aucune référence aux réalisations de son prédécesseur au poste de ministre des Finances. Le projet novateur qu?il a dévoilé hier porte bien son empreinte et l?orientation qu?il a adoptée exprime une sensibilité qui lui est propre.

Dans le fond, le symbole le plus fort du nouveau départ se trouve dans l?audace des réformes mises en chantier par le ministre des Finances. Sans grand effet d?annonce, il ouvre de nouvelles pistes qui sont susceptibles de modifier significativement les structures de notre économie. Par exemple, quand il brise le tabou de la pension universelle et annonce que les retraités les mieux lotis ne toucheront pas la pension de vieillesse, il accomplit une petite révolution. Il poursuit dans la même voie quand il déclare que seuls les nécessiteux bénéficieront des subsides gouvernementaux pour les frais d?examen.

Autant la réforme du système de pension est juste, autant les critiques faites par les syndicalistes hier relèvent du conservatisme le plus obtus. Cela fait de nombreuses années que le principe du ciblage de l?aide sociale en faveur des pauvres est reconnu comme le meilleur moyen de créer une société solidaire. Quand un dirigeant politique finit par oser l?appliquer, ce sont des représentants des travailleurs qui s?opposent à lui !

Si le gouvernement s?est évertué ces dernières années à construire un soubassement capable de soutenir une économie solide, le budget de cette année érige une armature pour protéger les catégories les plus faibles.

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