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Le départ de Campbell ne suffit pas aux détracteurs de Blair
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Le départ de Campbell ne suffit pas aux détracteurs de Blair
L?opposition conservatrice britannique a lancé dimanche de nouvelles piques au Premier ministre Tony Blair, affirmant que le départ de son conseiller en communication ne suffira pas à améliorer la réputation du gouvernement travailliste, qu?elle accuse de bluff et de manipulation.
Alastair Campbell, un proche de Blair, a démissionné vendredi après six ans au service de l?image du gouvernement.
Le bureau du Premier ministre a fait savoir que son successeur, David Hill, dirigerait ?une nouvelle structure? chargée de la communication gouvernementale, laissant présager un changement de ton en rupture avec le ?style Campbell?, adepte de la manipulation politique et médiatique.
Mais le dirigeant conservateur Duncan Smith souhaite désormais, sans trop y croire, que le départ de Campbell annonce celui de Blair.
?Ce n?est pas la démission du serviteur qui compte mais le départ de son maître?, écrit-il dans The Independent. ?Le véritable directeur de la communication de Downing Street, Tony Blair lui-même, doit partir.?
De l?avis des observateurs, plutôt que démissionner, Blair va au contraire profiter du départ de Campbell pour tenter de changer du tout au tout l?image de son gouvernement.
The Independent écrit qu?un nouveau ?ministère de la Vérité? devrait être mis en place par le Premier ministre soucieux notamment de changer les rapports du gouvernement avec les médias.
Hill, expert en relations publiques connu pour son franc-parler et ancien attaché de presse du Parti travailliste, devrait s?employer à redorer la réputation du gouvernement et des travaillistes.
Solitude de Blair
A peine nommé, ce dernier doit toutefois faire face à des critiques publiées dans la presse, qui met notamment en avant un éventuel conflit d?intérêts le concernant, Hill étant propriétaire de milliers d?actions d?une agence de ?lobbying? politique.
En réponse à ces remarques, un porte-parole du bureau du Premier ministre a assuré que Hill se conformerait aux ?règles rigoureuses régissant l?emploi des conseillers spéciaux, y compris celles relatives à un éventuel conflit d?intérêts.?
Autre signe de la volonté de changement de Blair, la presse fait savoir que sa nouvelle stratégie médiatique sera régie par Peter Mandelson, autre expert de l?image et architecte du succès politique du chef du gouvernement ces dernières années.
Dans les pages des journaux dominicaux, de nombreux commentateurs politiques estiment que Blair va se sentir bien seul sans Campbell, qui fut son collègue, son ami et son bras droit depuis son arrivée au pouvoir en 1997.
?Tony Blair (...) va ressentir profondément la perte d?un alter ego qui a vécu à ses côtés tous les échecs et tous les triomphes depuis son arrivée au pouvoir?, écrit Andrew Rawnsley dans The Observer.
Pour l?analyste politique Matthew D?Ancona, Blair n?a jamais été aussi seul. ?Blair peut-il s?en sortir sans Campbell ?,? s?interroge-t-il dans le Sunday Times. ?Bien sûr qu?il le peut. Mais il devra se débrouiller tout seul.?
Kate KELLAND
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