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Le dur métier de conseiller

2 décembre 2005, 20:00

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Le conseil de village n?a pas de pouvoir, ni de budget et encore moins d?autonomie. Ses représentants doivent s?agripper au conseil de district, au sein duquel siège un conseiller de village. C?est alors une bataille sans relâche pour mettre son village sur la carte du développement...

Cela n?a pourtant pas découragé plus de 5 000 candidats alignés pour le scrutin du 11 décembre. Pourtant, la majorité d?entre eux ne seront à la fin que des travailleurs sociaux, réduits à organiser tournois et autres loisirs pour jeunes et vieux.

À l?impasse Appanah, à Le Hochet, la réparation de trois lampadaires a pris... deux ans. Cela, malgré les protestations de Veevek Ramsaha, ex-représentant de son village au conseil de district, le Hochet : « J?ai sollicité le secrétaire du conseil de district. J?ai dû même faire une pétition. Il en a été de même pour les toilettes, dont l?eau déborde sur la rue. J?ai porté plainte au Citizens Advice Bureau de Ste-Croix. On attend toujours». Comme lui, des centaines de conseillers vivent la même impuissance durant leur mandat.

Depuis un mois, le service de voirie ne passe pas à Le Hochet. Devant les problèmes récents, le conseiller suggère que le paiement soit interrompu dans cette région. Comme le dernier mot ne lui revient pas, il ne peut exprimer sa colère, position que connaissent d?autres conseillers.

<B>Finances</B>

L?idéal, selon Guillaume Jamaloodeen, l?adversaire de Veevek Ramasaha, est de doter les conseils de villages de plus d?autonomie, tant en termes financiers que pour les prises de décisions. Actuellement, ils reçoivent Rs 25 000 pour les projets mineurs, tels les réparations des lampadaires ou les travaux à petite échelle sur le réseau routier, et Rs 75 000 pour les activités sociales. Le reste des projets est financé par le conseil de district.

Certains candidats, comme Hans Ramsahok et Anand Bahadoor, de l?équipe du Travailleur social à Goodlands, sont d?avis que le soutien financier au village devrait se faire par rapport aux revenus issus des licence fees. « L?on se retrouve dans une situation où un village comme Goodlands peut bénéficier de 25 lampadaires, à l?égal de Mapou, le plus petit village de la région Nord. C?est inacceptable, alors que la loi prévoit que 50 % des revenus amenés par le village doivent lui être consacrés pour des projets de développement», soutient Hans Ramsahok. Le candidat de Flacq, Prakash Bunsy, est plus nuancé :

« Difficile de faire appliquer cette clause car certaines régions seront vraiment pénalisées».

Malgré leurs contraintes, les conseillers essaient de donner un sens à leur mission en misant sur leur proximité avec le pouvoir en place ou en enclenchant un lobby auprès des officiers du conseil de district.

<B>La carte des idées</B>

À Goodlands, les ambitions sont grandes. Les candidats mettent en avant de grands projets et cherchent à les réaliser avec l?appui gouvernemental ou privé. Disposant de 25 arpents pour un centre administratif de Goodlands, les candidats promettent qu?ils s?assureront qu?une Médi-clinique et le poste de police s?y trouveront. Une piscine moderne, un bureau sanitaire et un centre communautaire sont aussi prévus.

Confiants, Anand Bahadoor et son équipe, n?entendent pas rester les bras croisés sur le dossier du marché modernisé. Pour son financement, il souhaite que le conseil de district contracte un prêt de Rs 100 millions, remboursé par les stall fees du village, qui s?élèvent à Rs 2,8 millions.

L?équipe de Sunil Rajapundit, en candidature à Brisée-Verdière se veut aussi dynamique: « Même dans l?opposition, ces deux dernières années, j?ai pu faire réaliser quelques projets qui aident au confort des habitants.

Je suis convaincu que, mon parti étant au pouvoir, nous contribuerons encore plus au bien-être des habitants ». Cet argument accroche souvent lors d?un porte-à-porte, organisé jeudi. Sunil Rajapundit est constituency clerk du ministre Gokhool.

Pour Sunil Rajapundit, la liste des projets est très longue. Pour d?autres, qui n?ont pas les mêmes possibilités, il s?agira de jouer la carte des idées.

Dans le village de Sébastopol, Rishy Choony a jusqu?ici recherché des enseignants qui pourraient travailler bénévolement pour enseigner l?informatique aux jeunes. C?est ainsi que 89 enfants suivent des cours depuis un mois. Ces mêmes enfants avaient auparavant assisté à un séminaire du Macoss sur l?environnement et le sida.

Reste qu?à part quelques menus problèmes qui pourront être résolus, les réunions du conseil de village risquent d?être une farce. Sans compter, comme le fait remarquer un vieux routier, que ce conseil ne sera géré finalement que par quelques conseillers. Les autres n?apparaîtront qu?aux réunions !

<B>Vrais et faux travaillistes ! </B>

Ils sont presque tous des proches du pouvoir, le temps de ces villageoises. D?autres prétendent l?être? Affiches, banderoles ne jurent que par le rouge. Entre les vrais et les contrefaits, les électeurs se perdent. Sans compter que certains agents, dans les bons papiers des hommes politiques, participent à la joute. Dans le Nord, Jack Nirsimooloo, proche du vice-Premier ministre, Xavier-Luc Duval, est candidat. À Flacq, Ali Ramdin, connu pour sa proximité avec Rama Valayden, est dans la course alors que, comme souligné plus haut, Sunil Rajapundit, à Brisée-Verdière, est le « constituency clerk » du secrétaire général du PTr.

Si, officiellement, le mot d?ordre a été donné pour que les députés et ministres ne s?impliquent pas, leur ombre est présente. Le Parti pour le progrès et le développement de Sébastopol était auparavant Mouvement travailliste de Sébastopol.

D?où les ?Bizin changement? un peu partout, des symboles (là où c?est possible) ressemblant à la clé et à la couleur aussi travailliste que possible. Une vieille dame pour qui, pendant des années, « travailliste» équivaut à «la clé » interpelle un candidat lors d?un porte-porte : « Travailliste fourchette sa ».

<B>Les grandes promesses ! </B>

Le parti pour le progrès et le développement de Sébastopol lance le slogan : « Dans 50 zour nou sanz lavenir ou zenfant ». Il propose ainsi plus d?une cinquantaine de projets. Comme le sort des enfants de son village lui tient à c?ur, il promet cette fois d?offrir des accessoires scolaires gratuits pour les enfants du CPE.

Quant au groupe de l?Alliance travailleur social d?Anand Bahadoor à Goodlands, il promet un service d?incinération gratuite ; actuellement, le villageois doit débourser Rs 1 000. Son adversaire, Chetanand Ramgoolam, propose, lui, une ?Ring Road? pour décongestionner Goodlands. Une piscine, un «Health care centre», sont également au menu de ce parti.

Du côté de l?Union pour le progrès de Flacq, on prévoit la construction d?une blibliothèque « ultra-moderne ». Elle propose aussi la construction d?un crématorium à Riche-Mare avec équipements électriques et gaz.

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