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Le dollar faible propulse les cours pétroliers vers les $100
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Le dollar faible propulse les cours pétroliers vers les $100
Le pétrole poursuit sa folle envolée. Le cours du brut a franchi hier la barre de $95. Les conditions qui maintiennent cette forte montée persistent et rendent les marchés pétroliers encore plus nerveux. Le spectre du baril à $100 est plus que jamais présent. La situation est encore plus inquiétante pour des pays vulnérables comme Maurice qui n?ont pas de réserves stratégiques pour faire face aux cours volatils mais surtout pour assurer la sécurité dans l?approvisionnement.
Plusieurs facteurs géopolitiques et financiers sont en train de rendre les marchés pétroliers très nerveux en ce moment. Sans oublier les incertitudes qui planent sur les stocks américains en prévision de l?hiver dans l?hémisphère nord.
La baisse du dollar américain, devise dans laquelle le gros des transactions sont facturées, fait grimper les cours. En effet, les pays exportateurs espèrent pouvoir recouvrir les chutes dans les recettes en poussant les prix à la hausse.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient perdurent et s?amplifient avec le contentieux nucléaire iranien qui ne montre aucun signe d?apaisement et la situation tendue qui se développe sur la frontière turco-irakienne. Ces instabilités sont une cause majeure des volatilités dans les cours.
?Les volatilités attirent les spéculateurs financiers qui essayent de réaliser des gains rapides avec les contrats à terme. Cela rend le marché encore plus instable?, soutient le professeur Swalay Kasenally, observateur du marché pétrolier.
Maurice est peu équipé pour faire face à la flambée continue des cours et les mutations qui s?opèrent dans le marché pétrolier. ?Il est grand temps que Maurice songe à constituer des réserves stratégiques. D?autant plus que nous nous fions sur un seul fournisseur (la Mangalore Refinery And Petrochemicals Ltd ? MRPL). Le plus gros problème, ce n?est pas les prix élevés, mais le danger de rupture de fourniture des produits raffinés?, soutient notre interlocuteur. Il cite l?exemple du Kenya, un pays en développement, qui est en train d?investir dans les facilités de stockage stratégique.
<B>Géopolitique et spéculations</B>
Les insuffisances dans les capacités de raffinage représentent un enjeu de taille dans la nouvelle donne pétrolière. Les raffineries n?arrivent plus à suivre la demande des produits pétroliers raffinés tels l?essence, le diesel, le fioul lourd et le kérosène. Une légère perturbation dans le système peut occasionner de sévères distorsions dans le système.
Les multinationales pétrolières et les pays producteurs de pétrole hésitent à développer de nouvelles installations de raffinage en raison du coût élevé des investissements. Ces manquements, ajoutés à l?appétit sans cesse grandissant de l?Inde et de la Chine pour l?énergie, sont en train de créer de goulots d?étranglement dans l?approvisionnement des produits raffinés.
L?Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a décidé de mettre 500 000 barils de brut additionnels par jour sur le marché dans une tentative de calmer les prix. L?Opep maintient néanmoins que l?offre et la demande sont en équilibre mais que ce sont des facteurs tiers telles la géopolitique et la spéculation qui viennent jouer aux trouble-fête.
Le prochain exercice de l?Automatic Pricing Mechanism (APM) (structure qui fixe les prix de vente des produits pétroliers) en janvier prochain risque de faire très mal si la tendance à la hausse se maintient. Lors du dernier ajustement intervenu au début d?octobre, le litre de l?essence a enregistré une hausse de 6,4 % (Rs 39 à Rs 41,50), tandis que le diesel a accusé une majoration de 6,2 % (Rs 29,70 à Rs 31,55).
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