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Le devoir écologique accompli

26 décembre 2004, 00:00

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Nous n?aurions pas eu l?air très fier. Au vu et au su du monde, nous aurions été coupables de violation de la Convention sur la diversité biologique, dont le pays est signataire depuis 1992. Le tracé de l?autoroute du sud-est a été dévié de justesse. Elle ne tranchera pas le coeur d?une forêt riche de onze espère d?arbres menacés.

Le plus grave, c?est que les autorités ne s?en soient pas aperçus, elles qui se font les championnes du développement durable. « Ce problème est une parfaite illustration d?un manque de coordination entre impératifs économiques et respect de l?environnement », explique Alvin Brijemohun, président de Nature Watch, ONG qui s?est constituée pour défendre la Vallée de Ferney.

L?impératif économique, c?est la construction d?une route rapide de 38 km entre Ferney et Kewal-Nagar via la montagne de Grand-Port. Le projet, approuvé en 2000, a été réactivé à la suite d?une visite de la Banque africaine de développement qui le finance à hauteur de Rs 800 millions. « En raison du stade avancé du projet, il était impossible d?y renoncer, compte tenu des obligations contractuelles de l?État », souligne un communiqué du bureau du Premier ministre.

Le prix d?une derogation

Pour répondre à l?urgence, une dérogation aux termes de l?article 23 de l?Environment Protection Act de 1991 est accordée à la Road Development Authority par le ministère de l?Environnement. Il n?est pas obligatoire que le public ait accès au EIA. Non seulement le ministre avoue un manque de techniciens capables d?une évaluation technique correcte, mais l?on se permet des dérogations?

Le nouveau tracé long de 2,5 km présenté cette semaine par le Premier ministre, est une victoire de Nature Watch. Mais l?ONG exprime des réserves quant à l?impact à long terme de ce tracé alternatif sur l?environnement du site.

Sa proposition : le développement du réseau routier existant pour des raisons plus sociales. « Ce qui permettrait d?attirer un flux de touristes vers les petits snacks, tabagies, magasins et vers les habitants », soutient Alvin Brijemohun. « Il faut éviter d?isoler davantage le sud-est, une région déjà défavorisée », renchérit, Rambhajun Babooa, ex-président du conseil du district du sud. Une autre cause qui n?a pas eu beaucoup de poids dans le débat.

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