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Le dernier samouraï histoire, passion et respect

23 avril 2004, 20:00

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Passionné d?histoire, le réalisateur Edward Zwick trouva la période de la restauration Meiji, à la fin du 19e siècle au Japon, particulièrement fascinante. La fin du régime shogunal permit en effet les premières vraies rencontres entre le Japon et l?Occident, après deux siècles de repli volontaire de l?Empire du Soleil. «Ce fut essentiellement une ère de transition. Le passage de l?ancien au moderne est, dans l?histoire d?une civilisation, un moment particulièrement poignant et dramatique. Mais c?est aussi un merveilleux spectacle, car chaque paysage, chaque coin de rue, chaque intérieur témoigne du choc de deux époques : un homme coiffé d?un chapeau melon croise une femme en kimono, un soldat armé d?un fusil à répétition affronte un guerrier brandissant un sabre antique?», explique-t-il.

Edward Zwick, dont la production Shakespeare in Love remporta l?Oscar du meilleur film, a souvent cherché son inspiration dans le passé, et tout spécialement dans cette période charnière de la fin du 19ème siècle, où il situa Glory et Légendes d?automne : «Je suis attiré par cette époque. Je trouve qu?il y a quelque chose d?émouvant, de fascinant, à voir un personnage se transformer alors même que sa société et sa culture sont en pleine tourmente.»

Tom Cruise partage l?intérêt et l?admiration de Zwick pour l?éthique japonaise, notamment celle du samouraï. A l?instar du réalisateur, il découvrit Kurosawa et le cinéma japonais au cours de son adolescence et reconnaît avoir «des sentiments très forts et un profond respect pour la culture et le peuple japonais, l?élégance et la beauté du samouraï.» La superstar a été fascinée par l?esprit Bushido qui enseigne à ces guerriers la force, la compassion, une loyauté farouche et une fidélité totale à la parole donnée tout en les préparant à sacrifier leur vie pour une cause qu?ils savent être juste. «Il s?agit essentiellement d?être responsable de ses actes et de ses paroles, quelles qu?en soient les suites. Cela va au-delà du code des samouraïs : c?est une éthique de vie qui vaut pour nous tous. Sitôt qu?Edward Zwick m?a présenté le projet, j?ai donc su que je devais faire ce film. Le thème m?attirait irrésistiblement, ainsi que le personnage.»

Producteur du Dernier Samouraï, Cruise fut séduit à la fois par la dimension épique de l?histoire, le périple émotionnel et philosophique du personnage de Nathan Algren. «Ce film est un véritable festin! L?aventure de son protagoniste, sa découverte d?un monde nouveau, les gens qu?il y rencontre? tout cela constitue une histoire riche, fascinante, pleine de défis. Sur le plan production, Le dernier samouraï est le film le plus ample que je n?aie jamais tourné car il est à la fois physique, dramatique, romantique et philosophique.»

Edward Zwick a souvent traité de la notion d?honneur et de la complexité de toute guerre, deux thèmes qui sont au c?ur du film. L?enjeu, proprement irrésistible, était cette fois d?illustrer et dramatiser tout ce qui sépare un soldat occidental d?un guerrier samouraï, mais aussi tout ce qui peut les rapprocher.

Le passage du Japon féodal au Japon moderne entraîna la disparition de certaines coutumes et valeurs «archaïques» dont le samouraï était l?emblème.

Durant plusieurs années, les samouraïs avaient joui d?un grand respect. A l?image des chevaliers, ils protégeaient en effet le seigneur - en l?occurrence le shogun auquel ils avaient prêté serment. Au code de la chevalerie répondait l?éthique japonaise du Bushido - «la voie du guerrier» -, qui privilégiait la loyauté, le courage, l?honnêteté et le sacrifice.

Mais le samouraï, avec son attirail médiéval, ne faisait pas le poids face à l?armement moderne que l?Occident offrait maintenant au Japon. Les tenants du progrès ne voyaient plus en lui qu?une figure du passé. La soudaine soif de modernité qui s?emparait du Japon vouait aux oubliettes de l?Histoire les samouraïs, leurs sabres glorieux, leurs notions vieillottes d?honneur, que le dernier de leurs chefs, Katsumoto (Ken Watanabe) et sa poignée de fidèles incarnent ici.

Le mot de la fin au réalisateur : «J?ai toujours eu une grande admiration pour les valeurs qui forment la clé de voûte de la culture samouraï, en particulier l?idée que la violence et la compassion coexistent, que l?apprentissage de la poésie, de la beauté et de l?art a, dans la formation du guerrier, autant d?importance que le maniement du sabre ou le développement de la force physique. Le dernier samouraï est une aventure romantique au sens le plus large, en même temps qu?une odyssée personnelle.»

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