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Le crépuscule de Serge Clair
Serge Clair a dominé la scène politique à Rodrigues depuis 30 ans avant d?être déchu de ses fonctions de Chef commissaire de Rodrigues. En 1976, il enregistre son parti, l?Organisation du peuple de Rodrigues, mais essuie une défaite aux élections générales de la même année. Son colistier, Darsil Perrine, et lui sont battus par Cyril Guimbeau et Nicol François.
Le leader de l?OPR aura à attendre six ans avant de goûter à la victoire électorale en 1982. Il se verra confier le portefeuille de ministre de Rodrigues et des îles sous le gouvernement MMM-PSM.
Après la cassure du MMM et la dissolution du Parlement, il est de nouveau élu. L?OPR se joint au gouvernement MSM-PTR PMSD de Sir Anerood Jugnauth, mais c?est France Félicité qui hérite du maroquin ministériel.
- Serge Clair obtient son deuxième mandat comme ministre de Rodrigues sous l?alliance MSM-PTr-PMSD. Mais aux prochaines élections générales, en 1991, même élus, le leader de l?OPR et son colistier, Benoït Jolicoeur, se retrouvent face à un nouvel adversaire coriace, Nicolas Von Mally, leader du Mouvement rodriguais. Von Mally recueille 42, 42% des suffrages.
Le duo Clair-Jolicoeur est de nouveau élu à la consultation populaire de 1995. Mais la menace Von Mally se fait de plus en plus pressante.
Aux élections de 2000, Serge Clair voit son avance face à Nicolas Von Mally considérablement réduite. Il récolte 8 622 voix contre 8 069 voix au leader du MR, soit une différence de 553 voix. Ce sera sa dernière candidature aux élections générales.
2001 est une année historique pour l?OPR. La promulgation du Rodrigues Regional Assembly Act accorde le statut d?autonomie à Rodrigues. L?année suivante, Serge Clair démissionne comme député pour mener son propre combat pour l?autonomie. Il briguera les suffrages aux premières élections générales de Rodrigues.
Mais le leader de l?OPR essuie une lourde défaite personnelle, surtout dans son village natal, La Ferme, même si son parti recueille la majorité des sièges, 10 contre 8, après la nomination des candidats élus à la proportionnelle. Pour le faire entrer à l?Assemblée, un membre élu de l?OPR se sacrifie et démissionne. A l?élection partielle, Serge Clair est élu. Daniel Spéville cède le maroquin de Chef commissaire à son leader.
En trois ans d?autonomie, on reprochait à Serge Clair sa tendance dictatoriale et son paternalisme vis-à-vis de ses commissaires. Dans une interview accordée à l?express-Rodrigues le 12 avril, il les traite même d?indisciplinés. On s?attend alors à sa chute, mais les commissionnaires contestataires regagnent les rangs.
Mais Serge Clair jouira seulement d?un sursis de quelques mois. Robertson Mercure et Marie Lindsey Castel, deux élus de l?OPR, démissionnent du parti. Ils se joignent au MR pour voter pour une motion de blâme contre le gouvernement régional.
Face à une telle crise, Serge Clair débarque à Maurice et fait une ultime tentative auprès du président de la République et du Premier ministre pour obtenir la dissolution de l?Assemblée régionale. Mais en vain. Le vendredi 28 juillet, Serge Clair et les sept autres élus de l?OPR démissionnent en bloc pour n?avoir pas à faire face à la motion de blâme ou à siéger dans l?opposition.
Après trente ans de vie politique, Serge Clair restera toutefois le chef de file de l?OPR aux prochaines consultations populaires. ?C?est celui qui sera mon adjoint qui sera appelé plus tard à prendre la relève?, a-t-il déclaré à la presse.
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