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Le credo éducatif

1 septembre 2008, 00:00

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Figure incontournable et interlocuteur écouté et respecté du secteur éducatif, Harold Chan Lam, natif de Flacq, a célébré son 70e anniversaire parmi les membres de la Fédération des Managers de collèges privés et du Board de la MBC, le personnel enseignant et ancillaire du collège London, ses intimes, ses parents et ses enfants. Certains sont venus de loin : des Etats-Unis, du Maroc et de La Réunion. Il se rémémore avec force détails les hauts et les bas de sa vie. Ses études terminées à l?école primaire de Flacq et au collège Royal de Port-Louis, le jeune Harold part pour la métropole britannique en bateau. Son enfance a été marquée par les souffrances de la boutique chinoise car il côtoie au quotidien la misère des laboureurs et des artisans du village. Il a étudié à la lueur de la lampe avec la senteur des épices. Trois années passées à Londres lui ont forgé un caractère de fer. Pour amortir le fardeau financier de ses parents, il essaie de multiples boulots pour payer ses études universitaires. Il retourne au pays avec son diplôme de B.Sc (Maths) de l?université de Londres et avec l?aide logistique de son père, Michel Chan Lam, il fonde le College London au coeur de China Town à la rue Rémy Ollier avec une centaine d?élèves et une poignée d?enseignants. La scolarité était payante. L?élève devait débourser Rs 12 tandis que l?enseignant gagnait Rs 250 mensuellement. La vie était difficile mais exaltante. Il gagne petit à petit la confiance des parents. Aujourd?hui London College est une référence en matière de discipline, d?administration saine et efficace. Après tant de sacrifices sa réussite transformait son rêve en réalité. Il est un des rares managers de collège à avoir survécu à des décennies de turbulences. (Mai 75, démocratisation de l?éducation, tentatives d?asphyxier les collèges privés). Il a joué un rôle de premier plan avec Vijay Venkatasamy et Anand Mulloo dans les années 70-80 pour propager l?idéologie de la démocratisation de l?éducation et pour combler le fossé entre les collèges d?Etat et privés à travers des forums et des causeries dans l?île. Se mettre au service de son pays constitue un credo et devient un sacerdoce. Il a foi en la destinée de Maurice. Son mantra est d?aider les plus démunis de la société à sortir du gouffre de la misère. Aujourd?hui, il est heureux de voir ses élèves gravir les échelons de la réussite et les Londoners lui témoignent leur reconnaissance. Dans son discours, il rend un vibrant hommage à Sir Seewoosagur Ramgoolam pour avoir donné l?éducation gratuite à tous les Mauriciens en 1977. Un événement qui allait révolutionner la vie des gens. Emu, il dira en guise de conclusion : «I shall give the last drop of my blood to serve my beloved country».

Décoré à trois reprises par l?Etat, il passe le témoin à son fils Jerry. Derrière le succès du London College, il y a sa femme Thérèse (née Ah Sue) qui l?épaule pendant plus d?un demi-siècle. Ses deux enfants (Terry et Penny) avec leurs familles ont fait le déplacement pour exprimer leur affection et leur gratitude à leur père. Un proverbe chinois dit : «Quand on boit de l?eau, on pense à sa source.»

<B>Philip Li Ching Hum</B>

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