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Le contrôle de la presse locale en question
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Le contrôle de la presse locale en question
Sans liberté de la presse il n?y a plus de journalistes, il n?y a que des sous-fifres du pouvoir. Mais la presse écrite des pays démocratiques, y compris celle de la Grande-Bretagne, est aujourd?hui sous contrôle. Faut-il contrôler la presse mauricienne et, si oui, quel type de contrôle imposer ? Le professeur Peter Cole, du département de journalisme de l?université de Sheffield, a essayé de déblayer le terrain, hier, lors d?une conférence publique à l?université de Maurice.
D?emblée, il a précisé deux choses. Il serait ?improper? de sa part de recommander le contrôle ou le non-contrôle de la presse écrite mauricienne parce qu?il n?a aucune connaissance de la situation locale. D?autre part, le professeur Cole est opposé à toute idée que ce contrôle, si contrôle il y avait, soit imposé ou exercé par le gouvernement. C?est l?autorégulation qu?il propose.
La presse doit se contrôler elle-même. Mais, dit le professeur, avant d?aller vers cette autorégulation, la presse doit se demander si un tel contrôle est nécessaire. En Grande-Bretagne, dit-il, la situation est très différente de Maurice en ce qui concerne la presse et son intrusion dans la vie privée des célébrités. Il y a eu les cas de la princesse Diana, du prince Charles et de Camilla Parker, et récemment de David Beckham.
C?est l?intrusion dans la vie privée de Diana qui avait fait déborder le vase. La presse britannique s?est retrouvée sous la menace d?une législation visant à protéger la vie privée. Afin d?empêcher une telle situation, les journaux britanniques ont préféré mettre sur pied le Press Complaints Committee (PCC) et un code de conduite.
Résolution rapide et gratuite
Ce code, que des journalistes ont eux-mêmes rédigé et se sont engagés à respecter, porte notamment sur l?exactitude des informations publiées, le respect de la vie privée, le harcèlement, l?utilisation des moyens électroniques, dont la pose de micros pour obtenir des renseignements, l?intrusion dans la douleur des personnes frappées par des drames, les reportages sur les enfants et les victimes d?agressions sexuelles, le paiement des contacts dans des affaires criminelles, etc.
C?est en se basant sur les clauses de ce code de conduite que les membres du public portent plainte auprès du PCC. Le plaignant n?a rien à dépenser, sa plainte est entendue très vite et, si le journal est trouvé coupable, il est tenu à publier les commentaires faits par le PCC sur l?affaire. Cet organisme est présidé par une personne nommée par le gouvernement, des journalistes et des membres du public recrutés après un appel public de candidatures.
Malgré le PCC, un journal britannique, The Guardian, a recours à une formule largement utilisée en France et aux Etats-Unis. Celle d?une personne, sorte de médiateur, qui prend note des plaintes du public et enquête. Ses résultats sont publiés chaque semaine et elle justifie ou alors reconnaît les erreurs commises par le journal.
C?est une formule que la presse mauricienne peut envisager, dit le professeur Cole. Il signale que, depuis la mise sur pied du PCC en Grande-Bretagne il y a environ dix ans, les tabloïds ont considérablement changé de ton et se montrent plus responsables.
Le public et l?Etat ont toujours l?option, longue et coûteuse, d?intenter un procès pour diffamation, sédition, outrage à la cour malgré l?existence du PCC en Grande-Bretagne. Ce comité n?est, en tout cas, pas un éléphant blanc. En seulement trois mois, il a reçu 886 plaintes et 490 ont été étudiées et des actions prises dans certains cas. Un bon pourcentage des plaintes ne concernant nullement des infractions au code de conduite a été ainsi rejeté.
Si cette autorégulation a évité à la presse britannique une législation de contrôle, elle a aussi aidé à empêcher une rupture totale de la confiance des lecteurs dans les journaux. La Grande-Bretagne publie chaque jour 12 millions de copies de journaux pour une population de 50 millions d?âmes. Quoi qu?il en soit, l?autorégulation de la presse est un sujet vaste et fort complexe qu?on ne peut traiter en une seule conférence.
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