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Le consensus recherché sur l’Aapravasi Ghat

2 mars 2006, 00:00

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Montrer à l’Unesco que l’Aapravasi Ghat a les moyens d’assurer sa préservation. C’est là le défi qui attend l’Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF) d’ici juin prochain. C’est à cette date que l’Unesco examinera le dossier de demande d’inscription du site sur la liste du Patrimoine mondial.

Pour y parvenir, il s’agit de se concerter pour la préparation d’un plan de gestion (management plan) à la fois solide et convaincant. Etape incontournable dans l’élaboration de ce plan : en soumettre une copie de l’ébauche (draft) à la consultation publique.

C’est chose faite depuis hier. La liste de mesures proposées pour la conservation du site de la rue du Quai peut être consultée sur place en trois lieux différents : au ministère des Arts et de la Culture, à la bibliothèque municipale de Port-Louis et au bureau de l’AGTF. Les internautes peuvent y avoir accès sur le site de cet organisme. Les commentaires et/ou suggestions doivent être adressés à l’AGTF au plus tard le 10 mars.

“Selon les règlements de l’Unesco, la gestion d’un site ne doit pas se faire de manière unilatérale. Il faut une transparence totale”, explique Prem Mahadeo, directeur de l’AGTF. “Il faut qu’il y ait une participation de toutes les parties prenantes, qu’il y ait un sens d’appartenance du site à toute la population. Tout citoyen a le droit de consulter le document de 173 pages et de faire valoir son point de vue.”

Le volumineux document, assorti de nombreux plans et photos, défini la zone principale (core zone) et trois zones tampons (buffer zones), qui s’étendent en cercles concentriques sur toute la ville de Port-Louis. L’ébauche du plan de gestion (draft management plan) propose de confier celle du core zone à l’AGTF et celle des buffer zones à la municipalité de Port-Louis. Ce plan sera mis en pratique en phases successives, échelonnées sur un à vingt ans.

Le plan veut assurer l’équilibre entre la préservation, le développement et l’aspect touristique du site. Facilités de parking, voie piétonne entre le Caudan Waterfront et le site sont ainsi mentionnées. Il recommande d’envisager la préservation de l’Aapravasi Ghat en le plaçant dans la perspective du développement urbain de la ville de Port-Louis. Il mentionne aussi l’élaboration en cours d’une stratégie globale (master plan) pour la cité, un document qui devrait être prêt d’ici 18 mois.

S’agissant de la question de fiscalité, le plan propose, par exemple, que des exemptions sur la taxe immobilière soit accordées aux propriétaires de structures historiques déjà listées. Ou que des prêts à des taux préférentiels soient accordés pour la restauration de bâtiments historiques.

En plus des dotations du ministère des Finances, le plan suggère de s’adresser à la Banque mondiale et au World Monument Funds, pour pouvoir atteindre les objectifs fixés. Il note qu’aucune législation n’existe pour la préservation des objets de valeur, sauf le Mauritius Museum Councils Act. Le State Law Office a été sollicité pour préparer un Conservation Policy and Plan for Artefact qui devrait être prêt d’ici juin prochain.

A terme, l’AGTF exposera les objets trouvés, lors des travaux archéologiques sur le site, dans un Interpretation Centre qui sera aménagé sur le site même de la rue du Quai. Si le processus de consultations nationales du plan d’aménagement proposé doit prendre trois mois environ, la version finale devra être soumise à l’Unesco d’ici juin de cette année.

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