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Le cinéma d?horreur réveille vos angoisses

6 novembre 2003, 20:00

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Le cinéma d?horreur est un genre à part qui a connu du succès dès les débuts du septième art. Parmi les films les plus remarqués durant ces années-là, on pourrait citer Le Manoir du Diable de Georges Méliès (1896), le premier Frankenstein tourné en 1910 et les réalisations inspirées en 1914 par les romans d?Edgar Allan Poe (The Avenging Conscience) et Arthur Conan Doyle (Le Chien des Baskerville).

Des réalisateurs aussi célèbres que Griffith et Murnau, comme certains grands acteurs populaires de l?époque, comme John Barrymore et Lon Chaney, ont été attirés par le genre, tandis que, de nos jours, nous pouvons constater que le film d?horreur a donné à plusieurs acteurs, aujourd?hui célèbres, l?occasion de se faire connaître du grand public, et par conséquent des producteurs intéressés par ce même public. Ainsi Johnny Depp et Lawrence Fishburne ont côtoyé Freddy (Nightmare on Elm Street), George Clooney était encore inconnu dans Killer Tomatoes, Leonardo Di Caprio dans Critters 3, et Jack Nicholson dans The Terror. On peut aussi citer Billy Bob Thornton (Chopper Chicks in Zombietown)ou Stallone (Deathrace 2000). Certains parmi ces films font encore le tour des chaînes cryptées pour le plus grand bonheur des amateurs du genre ou des fans de ces acteurs.

Le film d?horreur nous révèle parfois les monstres qui sommeillent en nous, parfois ceux qui rôdent dans le monde qui nous entoure ou, encore, ceux que nous créons par notre cupidité, notre poursuite aveugle d?un bonheur illusoire. Que ce soit sur le plan militaire, politique ou scientifique, notre époque, à nous, a de quoi créer des frayeurs et des angoisses que le cinéma populaire vient réveiller dans l?obscurité des salles, quitte à les calmer par une fin où l?ordre ? moral ou autre ? est rétabli, où l?explication naturelle ou scientifique se veut rassurante. Plus les techniques s?améliorent, plus les effets spéciaux sont impressionnants et plus les spectateurs se pressent au guichet, en quête de frissons.

Beaucoup de critiques hésitent à donner au film d?horreur un label de qualité, sans doute parce que tout ce qui est populaire leur paraît peu digne de considération. On constate cette même réaction chez les critiques littéraires, comme ceux qui, récemment aux Etats-Unis, avaient assez mal accueilli la nouvelle d?une récompense accordée à Stephen King par la National Book Foundation, pour l?ensemble de son ?uvre. Fulminant contre l?industrie du livre en général, et contre King en particulier, en égratignant au passage les universités et des auteurs comme J.K. Rowling, un critique a dit que les livres de Stephen King ne font rien pour l?humanité mais permettent seulement à faire vivre les éditeurs.

C?est oublier que, pour les livres comme pour les films, la qualité se trouve dans l?exécution et non dans le genre ou le sujet. Comme l?a fait remarquer un critique, la recette est assez simple. D?abord, créer l?atmosphère, puis bien doser les scènes d?épouvante et laisser l?imagination du spectateur faire le reste. Cela ne marche pas nécessairement à tous les coups, mais la formule reste valable. Il faut surtout trouver l?équilibre, indispensable et à la fois entre les scènes ?gore? et les longues séquences de préparation et de suspense. Trop de sang finit par rendre le spectateur insensible. Jaws et Alien jouent beaucoup plus sur le suspense que sur les images sanglantes.

A noter aussi que les parodies de films d?horreur connaissent souvent autant de succès auprès des fans qui aiment probablement y retrouver, même en pastiche, les séquences qui ont fait leurs délices dans les modèles qui ont inspiré les. Il paraît que Scary Movie 3 des frères Zucker a fait des recettes ?monstres? à sa sortie cette année aux Etats-Unis.

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