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Le chemin de croix

10 janvier 2007, 00:00

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C?est le retour des bouchons, mais en pire. Les fêtes et les vacances scolaires terminées, les automobilistes vont vivre, à partir d?aujourd?hui, l?engorgement insupportable des principaux axes routiers. Avec l?accroissement du parc automobile, les routes seront saturées ce matin encore plus vite que d?habitude. Le temps d?attente à l?entrée de la capitale s?allongera de manière exaspérante.

Il semble que l?Etat n?ait pas pris la mesure de la gravité de la situation. Le cabinet a étudié le problème sous toutes les coutures mais s?est ensuite contentée de confier le dossier à un comité interministériel pour trancher la question. Pourtant, la solution à la congestion routière est connue et le financement du programme garanti par les bailleurs de fonds. Il ne reste plus qu?à passer à l?acte. Etonnante situation que celle où l?on délibère et l?on discute sans fin alors qu?il y a urgence !

L?hésitation du gouvernement n?est pas liée à une contestation du choix technique des experts. C?est la volonté politique qui fait défaut. Le plan d?ensemble recommandé par les techniciens a reçu l?aval du gouvernement. Seulement, il comprend l?imposition d?un droit de péage à l?entrée de la capitale. Cela a suffi pour refroidir les ardeurs des décideurs politiques. Ils craignent la réaction de l?électorat. Les dirigeants tremblent à l?idée de devoir réclamer Rs 100 à un automobiliste qui tient à voyager dans son véhicule alors que des autobus confortables assurent un service rapide et régulier. Ce prix est jugé politiquement dangereux.

Mais l?indécision gouvernementale a aussi un coût. La congestion routière est la cause de retards au travail, de pollution et de surconsommation de carburants. En outre, en poussant le problème sous le tapis, on lègue un lourd fardeau à nos enfants qui devront bien un jour le régler.

En fait, le principe du péage est plein de bon sens et avec un peu de pédagogie le gouvernement peut bénéficier de la compréhension de la population. Chacun comprendra que le péage vise à encourager des déplacements en dehors des heures de pointe ou l?utilisation des transports en commun. Et cette ?taxe? doit être assez onéreuse pour inciter l?automobiliste à sortir de sa voiture, sinon les routes resteront encombrées et les nouveaux couloirs d?autobus construits à grands frais seront sous utilisés.

Le comité interministériel prendra le temps qu?il souhaite mais ne trouvera aucun substitut à l?introduction du péage. Des spécialistes ont étudié le problème dans d?autres villes du monde et tous font le même constat : un automobiliste ne change de comportement que s?il est obligé de payer un prix pour encombrer l?espace routier aux heures d?affluence.

La tarification routière fait partie d?un ensemble de projets pour décongestionner la capitale. Ces projets sont complémentaires et de ce fait doivent se réaliser en même temps. La création d?un ?bus way? ? couloir réservé aux autobus ? entre Phoenix et Port-Louis constitue la composante la plus coûteuse du programme. Un tronçon reliant Terre-Rouge à Verdun, en passant par Crève-C?ur et St.-Pierre, permettra aux automobilistes venant du Nord de contourner Port-Louis. Une route circulaire est également prévue pour désengorger la capitale.

Le financement du programme global, au coût de Rs 10 milliards étalées sur cinq ans, est assuré. Il reste à trouver les ressources politiques pour l?appliquer. En cas d?échec, les usagers de la route affronteront un véritable chemin de croix.

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