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Le cerveau présumé de la fraude accusé de complot

17 juillet 2006, 20:00

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L?enquête sur l?utilisation de fausses factures du Central Electricity Board (CEB) pour faire admettre ses enfants en standard I avance à grands pas. Il s?agit de celle concernant une cinquantaine d?admissions à l?école du gouvernement Hugh Otter Barry, à Curepipe.

Sarojini Hanoomanjee, que la police considère comme un des principaux suspects de cette fraude massive, a été traduite en cour intermédiaire de Curepipe hier. Elle a été libérée sous caution, une accusation provisoire de complot (conspiracy) étant retenue contre elle.

Ce suspect est la directrice de l?école pré-primaire privée Hugh-Otter-Barry Préscolaire, située près de l?école du gouvernement Hugh Otter Barry. L?établissement préscolaire n?a aucun lien avec l?école primaire, sauf le nom qui s?en rapproche. La directrice avait été arrêtée par le Central Criminal Investigation Department(CCID) samedi.

Après un peu plus d?une semaine d?enquête, dix-neuf parents ont déjà été arrêtés et libérés sous caution tandis que 31 autres sont sur la liste des suspects. Un membre du personnel de la CEB, très proche de la directrice, serait également dans le collimateur de la police.

Cette affaire devient la première mise en application de l?amendement à l?Education Act, voté en 2004, qui prévoit des peines sévères pour ce type de fraude : une amende maximale de Rs 50 000 et un emprisonnement n?excédant pas deux ans pour le parent fraudeur. Celui-ci est défini comme celui qui aurait induit le ministère de l?Education en erreur en utilisant de faux documents, ou qui aurait fait une fausse déclaration (qualifiée de délit criminel) sur le formulaire d?inscription de son enfant en standard I.

?Nous sommes arrivés très loin dans notre enquête. Les témoignages des parents ayant participé à cette fraude et qui ont déjà été interpellés vont tous dans la même direction?, indique une source proche du dossier.

Comme nous l?avons révélé dans notre édition du 11 juillet, c?est une école maternelle proche de la Hugh Otter Barry Government School qui est identifiée par la police comme la source du trafic. La directrice de cet établissement aurait promis une place assurée dans l?école primaire ?cinq étoiles? Hugh Otter Barry aux parents qui inscrivent leurs enfants dans son école pré-primaire. ?Nous pensons que le manège dure depuis quelques années, mais cette année, cela a pris des proportions énormes?, commente-t-on au niveau du ministère de l?Education.

Tout commence lorsque qu?une centaine de demandes d?inscription en standard I, faites à partir de fausses factures du CEB, sont présentées au maître d?école de Hugh Otter Barry Government School à la fin de juin. ?Il s?est vu soumettre bien plus de 100 factures douteuses cette année. Malgré ses mises en garde, 52 parents ont quand même persisté. Une cinquantaine d?autres ont préféré abandonner leur tentative, par sagesse?, confie une source bien placée au ministère de l?Education.

Les factures douteuses sont alors soumises au CEB pour vérification et le verdict est immédiat : elles sont fausses. La CCID entre en jeu lorsque le président du CEB, Patrick Assirvaden, décide de porter plainte à la police le 30 juin. Il est alors rapidement établi que les factures utilisées étaient des formulaires originaux mais complétés par ceux soupçonnés d?être les instigateurs de la fraude.

Différentes sources indiquent qu?un membre du personnel du CEB faisait parvenir ces factures vierges au cerveau de la manigance. Ce dernier remplissait ces documents, en y incluant le nom d?un des parents ainsi qu?une fausse adresse située dans le secteur de recrutement (catchment area) de l?école Hugh Otter Barry. Il imitait autant que possible les vraies factures du CEB. Il ne restait plus alors aux parents qui souhaitaient obtenir cette école pour leurs enfants ?d?acheter? ces documents, entre Rs 7 000 et Rs 20 000 pièce, et les soumettre à cet établissement scolaire très demandé de Curepipe.

Une enquête interne au CEB a également permis de voir plus clair sur la provenance de ces factures vierges. Sans vouloir commenter davantage l?affaire, Patrick Assirvaden déclare : ?Nous attendons maintenant le rapport de la police pour savoir ce qui s?est passé au niveau du CEB avant de prendre action?.

Chaque mois, le CEB imprime environ 400 000 factures, dont quelque 365 000 sont utilisées. Les 30 000 factures vierges restent donc inutilisées. Il se peut que ces factures vierges proviennent de ce stock et ont servi pour le trafic.

Le CEB a immédiatement pris des mesures. Il ne passe commande que pour le nombre utilisé effectivement. Une plus grande vigilance est également exercée à son département informatique et à l?imprimerie de cet organisme parapublic.

Cette affaire sera aussi évoquée au parlement aujourd?hui. Jean-Claude Barbier, député du Mouvement militant mauricien interrogera le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à ce propos.

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