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Le centre Ming Tek célèbre ses 25 ans d?activités

20 décembre 2005, 00:00

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C?est cet aspect de la communauté chinoise qui plaît. Son habilité à propulser des jets de couleurs autour d?elle. Avec ses sonorités du folklore, ses costumes flamboyants et son rayonnement rouge intense. Afin de commémorer ses 25 ans d?existence, le centre Ming Tek organise à partir de ce soir un ballet chinois retraçant la naissance de Jésus. Un spectacle qui ne déroge pas à la tradition. Toujours aussi captivant, toujours aussi riche.

Il est difficile de rester immobile sur son siège. Un ballet chinois s?observe en bougeant la tête, en valsant avec les danseurs qui tourbillonnent avec légèreté sur la scène du théâtre de Port-Louis. Celle qui se cache derrière cette chorégraphie, c?est Annie Wong Kam Lam. C?est elle qui tient le micro lors de la répétition d?hier soir et qui ordonne gentiment aux élèves de danse du centre Ming Tek de garder l?équilibre.

Marie et Joseph ne sont plus figés. Ils dansent leur émotion, et produisent une symbiose chorégraphique extraordinaire. Ce sont des enfants qui reproduisent la scène de la vie en Judée. Le spectacle se partage en quatre actes. Allant de la vie paisible du charpentier Joseph qui rencontre Marie, jusqu?à l?arrivée des rois Mages qui accueillent l?Enfant Jésus.

L?histoire n?a pas été altérée. Mais elle respire une fraîcheur inouïe. Ce ballet procure une autre vision de la scène de naissance de Jésus. Tant par ces enfants qui se donnent corps et âme dans cette pièce. Tant par des effets son et lumière du folklore qui font pulser l?histoire. ?Lumière ! Pa bougé zenfans, atane la lumière teigne avan !? Les directives d?Annie Wong sont précises. Mais ces enfants auront bien appris leur leçon.

Celle qui incarne Marie semble flotter en souplesse et finesse au bout des doigts de son Joseph. Et tandis que les deux personnages évoluent en rythme et en mouvement en silence, derrière eux, c?est l?ébullition. Des enfants, petits et grands, futurs acrobates, n?hésitent pas à se jeter sur la scène et à épouser les pas appris par c?ur. La mise en scène suscite l?admiration.

Tout a été calculé avec minutie. Que ce soit les décors, la gestuelle ou encore l?histoire. Mais là où la différence se creuse, c?est l?art de cette pièce à malaxer tradition chinoise et religion. C?est sous les coups de rubans flamboyants, de pulsations accélérées que Jésus naît sous nos yeux.

Humour et idées farfelues s?invitent à ce ballet. L?innocence et le talent de ces élèves frappent. Mais pour attiser la curiosité, il faut garder encore un peu de suspense. Le rendez-vous est pris. Le spectacle débute en fanfare ce soir au théâtre de Port-Louis à partir de 20 heures. Les dates à retenir : mercredi 21, mardi 27 et mercredi 28 décembre.

QUESTIONS AU PERE PAUL WU, FONDATEUR DU CENTRE MING TEK

?Les Chinois d?ici étaient réticents??

Quel était votre but premier en mettant sur pied le centre Ming Tek ?

Nous voulions que ce soit un lieu de rassemblement des Chinois pour l?évangélisation, moyennant la culture, les activités sociales et caritatives. Le but principal est de consolider leur foi. Nous voulions surtout mettre la religion en pratique sans abolir la culture chinoise.

Estimez-vous que le but a été atteint ?

Oui, car aujourd?hui, 95 % de la population chinoise est catholique. Il a fallu travailler d?arrache-pied pour parvenir à ce résultat. Pour reprendre un dicton chinois, ce n?est pas une colonne seulement qui soutient un bâtiment. Le mérite de cette réussite revient à divers individus. Au départ, il est vrai que la situation était difficile. Moi, je ne connaissais pas la langue parlée de Maurice, mais malgré tout, je me suis débrouillé. Les Chinois d?ici étaient réticents. J?ai essayé de leur faire comprendre qu?ils pouvaient développer leur philosophie chinoise parallèlement à l?Evangile. Or, certains considéraient à l?époque que la catholicité n?était réservée qu?aux occidentaux ! Nous leur avons montré que ce n?était pas vrai.

Par quels moyens ?

A travers des cours sur la catholicité en chinois, par exemple. Nous avons essayé de leur inculquer et d?appuyer la philosophie et les m?urs chinoises de cette façon. Nous avons introduit un magazine bimestriel, L?Aurore, offert des cours de mandarin, de danse, organisé des conférences sur la philosophie chinoise? Et aussi, privilégié une méthode qui mettrait la religion en pratique selon la culture. Comme des chants pour les ancêtres et les prières.

Comment percevez-vous l?avenir ?

Très bien. Nous allons continuer nos projets et nos activités en mettant l?accent sur les jeunes. Car ce sont eux qui doivent mener au mieux leur vie d?homme et de citoyen. Et avant toute chose, leur vie familiale. Tous les moyens seront bons pour encourager toutes les communautés à fréquenter le centre Ming Tek. Chrétiens, hindous ou autres, bon nombre d?élèves de diverses communautés viennent déjà chez nous pour apprendre la danse.

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