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Le calme après les émeutes en France
La soirée de samedi a été le théâtre de quelques affrontements entre jeunes et forces de l’ordre à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) mais la ville semblait avoir retrouvé le calme hier après deux nuits de violentes émeutes.
“Il y a eu des feux de véhicules et des interpellations mais rien à voir avec les deux nuits précédentes. Les échauffourées ont duré beaucoup moins longtemps” que jeudi et vendredi, a déclaré un porte-parole de la Direction départementale de la sécurité publique.
Un important dispositif policier avait été mis en place samedi soir, mobilisant plus de 300 policiers, gendarmes et CRS principalement dans le quartier du Chêne Pointu, où tout a débuté jeudi. En raison de ce “quadrillage serré”, les violences de la nuit se sont déplacées vers les quartiers voisins et la ville de Montfermeil, a-t-il ajouté.
Une vingtaine de véhicules ont été incendiés ainsi qu’un abribus. Les jeunes, munis de bâtons ou de marteaux, ont lancé des pierres et quelques cocktails incendiaires mais les affrontements n’ont pas fait de blessé.
La police a interpellé 15 personnes dont neuf ont été placées en garde à vue, notamment pour dégradation de biens publics, port de bâtons ou jet de projectiles, a-t-on précisé de source policière. Dans la nuit de vendredi à samedi, 19 personnes avaient été arrêtées et 14 placées en garde à vue.
Pour un policier qui se trouvait sur place jeudi soir, au plus fort des violences, Clichy était dimanche “dans la situation du volcan endormi” qui peut se réveiller n’importe quand.
“Quand on s’en prend aux pompiers, à La Poste ou aux policiers, on s’attaque à l’ordre établi. Ce n’est pas un mouvement d’humeur, c’est une guerilla urbaine”, ajoute-t-il. Cependant, selon lui, “statistiquement, ce genre d’émeutes durent rarement plus de 48 heures”.
Les violences ont commencé dans la soirée de jeudi après la découverte des corps de deux adolescents, morts électrocutés dans un transformateur EDF du quartier du Chêne-Pointu, l’une des deux cités de Clichy-sous-Bois. La rumeur s’est rapidement répandue qu’ils avaient été pris en chasse par des policiers avant de trouver refuge dans le local.
“Pas des délinquants”Samedi, un troisième jeune, blessé dans les mêmes circonstances, a pu être interrogé sur son lit d’hôpital. Il a contredit cette version des faits. L’adolescent a confirmé que les trois jeunes se croyaient poursuivis par la police “alors qu’à aucun moment ils ne l’ont été”, a déclaré le procureur de la République de Bobigny, François Molins.
Il a précisé que les trois adolescents “n’étaient pas défavorablement connus des services de police”. “Il ne s’agissait pas de délinquants”, a-t-il souligné. Ils se sont mis à courir en voyant arriver un groupe de jeunes qui semblaient fuir un contrôle d’identité après une tentative de cambriolage sur un chantier, a-t-il ajouté.
Deux enquêtes ont été ouvertes pour faire la lumière sur ces événements : l’une a été confiée à la police judiciaire et l’autre à l’Inspection générale des services (IGS), la police des polices.
Lors d’une marche silencieuse en hommage aux jeunes victimes samedi matin, le maire PS, Claude Dilain, et les responsables religieux de Clichy ont lancé un appel au calme. Un demi-millier d’habitants ont pris place derrière les familles des deux victimes. Sur les T-shirts blancs d’un groupe de jeunes, on pouvait lire “Mort pour rien” d’un côté et les noms des adolescents de l’autre.
Nicolas Sarkozy devrait recevoir les familles cet après-midi, a-t-on appris auprès du ministère de l’Intérieur. “Le ministre est en liaison permanente avec le préfet de Seine-Saint-Denis et le responsable départemental de la sécurité publique”, a-t-on précisé de même source. Vendredi, il a annoncé que toutes les voitures de police seraient équipées de caméras d’ici la fin de l’année.
“Dans une affaire comme celle-là, s’il y avait eu une caméra, il y aurait un élément objectif qui permettrait de savoir”, a déclaré le ministre de l’Intérieur lors d’un déplacement à Nancy.
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