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Le bétail ne prend plus la mouche

13 septembre 2005, 20:00

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Il était une fois dans l?Est? L?Etoile. La nature est verdoyante. Les pelouses tondues luisent sous les timides rayons de soleil. L?eau limpide de la rivière fredonne sa mélodie à travers la propriété. Sur le flanc de la colline, la file de 4x4 cahote jusqu?au sommet. Cerfs et biches, effarouchés par le vrombissement des moteurs, scrutent, s?éloignent et disparaissent entre les arbres.

Dans cette chasse, comme dans d?autres élevages, les bêtes respirent à nouveau. Leur principale ennemie, une mouche (communément appelée ?mouche b?uf?), est presque terrassée. Ce, grâce aux recherches entreprises par un partenariat entre la Mauritius Meat Producers Association (MMPA), l?Agricultural Research & Extension Unit et le Mauritius Research Council (MRC). Le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, a constaté de visu, mercredi, le progrès réalisé, lors d?une visite au laboratoire dédié, à Olivia. Incursion dans ce microcosme.

La stomoxys nigra, petite mouche grise, vampirise. Avec sa protubérance buccale, elle s?abreuve de sang. Ses préférences sont les cerfs et le bétail. L?animal ainsi aspiré perd du poids. La plaie se transforme en lieu de ponte pour d?autres espèces.

Le combat contre cette mouche a été dur, jusqu?à ce que la MMPA prenne les devants. Elle initie un projet conjoint avec le MRC en 1999 pour remédier à la situation. Quatre ans plus tard, un laboratoire fonctionne à plein régime pour la production en masse de parasites anti-mouches.

Parcours... piquant

Olivia, patelin dans l?est du pays. Après une traversée dans des champs de cannes, on débouche sur des bureaux appartenant à l?établissement sucrier Deep-River-Beau-Champ. La pluie intermittente a formé de petites flaques boueuses. Une mince allée s?arrête au seuil du local transformé en laboratoire.

Ici, le maître des lieux est Sirkissoon Ramruttun. Il règne sur des rangées de bocaux de parasites, des stomoxys nigra, leurs ?ufs et leurs pupes.

La première étape se déroule dans les champs. Elle consiste à attraper ces mouches. Elles abondent et sévissent de l?est au sud-ouest, ainsi que sur le plateau central, en été. Elles se multiplient dans une végétation pourrissante, l?interligne des champs de cannes et l?herbe.

Nourries en captivité sur du sang bovin, elles pondent des ?ufs qui sont recueillis et élevés dans de la paille. Lorsque la larve atteint le stade de pupe (avant-dernière étape de l?éclosion), elle est mise en contact avec les parasites. Ces insectes sont ensuite enfermés dans des bocaux. Ils sont vendus aux membres de la MMPA désireux de protéger leurs troupeaux et relâchés dans les zones infectées. Ils parasitent les autres mouches. ?C?est le fruit d?une synergie entre les secteurs public et privé?, commente Cyril Monty, le secrétaire général de la MMPA.

Le ministre de l?Agro-industrie, à l?issue des visites au laboratoire et dans la chasse de Deep-River-Beau-Champ, s?est dit satisfait du travail abattu : le remède pour contrôler la ?mouche b?uf? devenant disponible, cela permettra à l?élevage de se répandre dans les hauts du pays.

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