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Le budget 2006-07 ouvre une ère de changements radicaux
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Le budget 2006-07 ouvre une ère de changements radicaux
Un budget qui fait la part belle à l?ouverture et à la relance de l?investissement et de l?emploi dans un contexte de réformes profondes de l?économie. C?est le sentiment dégagé lors d?un Business Forum tenu hier à l?Alliance française à Bell Village. Le forum était organisé par la Jeune chambre internationale (JCI) de Port-Louis.
Les participants à la conférence, en l?occurrence Raj Makoond, directeur du Joint Economic Council (JEC), Georges Chung Tick Kan, économiste et homme d?affaires et le Dr. Ashok Kumar Raghubur, vice-président de la State Employees Federation (SEF) se sont livré à un savant décorticage du budget 2006-07, présenté vendredi.
?C?est un budget qui huile la mécanique pour qu?elle soit plus efficiente, pour créer la richesse et l?emploi. La mécanique s?est beaucoup affaiblie ces dernières années, et il était temps de la remettre en état de marche?, souligne Georges Chung Tick Kan.
Celui-ci brosse un sombre tableau de la performance économique du pays par rapport à plusieurs indicateurs, dont la croissance, la balance extérieure, les finances publiques et la productivité.
L?intervenant estime que les mesures budgétaires devront absolument stimuler la compétitivité internationale de nos exportations si Maurice veut s?éloigner de la zone rouge et combattre le chômage.
Il dit son opposition à la politique de dépréciation de la monnaie pour favoriser nos exportations. ?Notre faible niveau de productivité est la source de tous nos problèmes. La tendance à la dépréciation de la roupie est le reflet de notre insuffisance à utiliser nos ressources de manière efficiente?, dit Georges Chung Tick Kan.
Pour Raj Makoond, le dernier budget de Rama Sithanen prépare le pays à se séparer d?un modèle économique basé sur les préférences commerciales et sur une main d??uvre peu formée. Il énumère quelques signes de cette volonté de transformation, tels la réforme annoncée des lois du travail et les changements dans le système du fisc et les encouragements pour investir.
Une plateforme d?investissement
Les mesures pour simplifier les procédures pour faire du business sont très bien accueillies par le dirigeant de la principale organisation des opérateurs.
Le démantèlement de la bureaucratie dans le monde des affaires est un des axes principaux du Budget. ?Le système de permis était très complexe et dépendait souvent des caprices des officiers publics. (?) Ces derniers finissaient par créer des micro règlements en raison de l?absence de règles bien définies. Maintenant les règles sont plus claires. C?est une condition fondamentale pour attirer des investissements étrangers et des compétences étrangères.?
Ces mesures, dit Raj Makoond, vont dans le droit fil de l?objectif de faire de Maurice une plate-forme d?investissement intégrée, simple et à fiscalité légère. La restructuration du fisc et les changements envisagés dans les lois du travail pour plus de souplesse dans le marché de l?emploi font aussi partie des conditions compétitives essentielles à un redémarrage de l?économie sur une trajectoire de croissance élevée.
En sus des signaux positifs envoyés vers les investisseurs étrangers, Raj Makoond estime que les mesures du budget stimuleront l?éclosion d?une nouvelle classe de petites et moyennes entreprises. ?Si on a une mentalité de protection et d?acquis, nous n?allons jamais pouvoir être compétitif à l?échelle internationale?.
Son de cloche différent chez le dirigeant syndical Ashok Raghubur. Il dénonce la décision d?étendre l?âge de la retraite des salariés sans consultation aucune. Il déplore aussi l?abolition de certains encouragements fiscaux dont jouissaient jusqu?ici les contribuables.
La dérégulation du monde des affaires, d?autre part, n?est pas tout à fait au goût du vice-président de la SEF. ?Accorder des permis d?opération en trois jours seulement ouvre la voie au blanchiment des capitaux?, prévient-il.
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