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Le bon dosde la météo
<B>Par Ariane Cavalot De L?Estrac</B>
La peur qu?inspirait hier le ciel est décuplée. El Nino, tsunami... L?esprit marqué par les images d?horreurs provoquées par les éléments de plus en plus capricieux, nous sommes en état d?alerte permanent. On s?attend au pire, et on le justifie. Mais il faut se garder de tout mettre sur le dos de la météo. La pluviométrie d?avant le cyclone fut certes hors du commun. Mais ces eaux qui débordent de partout sont loin d?émaner d?une « catastrophe naturelle », puisque ce cyclone-là fut de la pissette à côté des Dina et autres Claudette. Ce n?est tant pas la nature la responsable de ces drames que la « maladministration » humaine.
Car si l?ampleur des averses n?était pas prévue, tous les drames qu?elles ont entrainés, eux, étaient prévisibles. Pendant presque deux ans, après les inondations de Dina, des experts étrangers ont passé à la loupe nos sous-sols. Et ont avoué ? tout étonnés que nous n?ayons pas pensé à faire plus tôt ces recherches ? que nous étions assis sur des geysers. Les causes étaient identifiées : nous avons construit sauvagement, dans des endroits inappropriés ? flancs de montagnes et berges de rivières ? et nos drains sont inadéquats. Trois cents maisons sont menacées d?inondations, prévoyaient-ils en 2002. Les averses exceptionnelles ont triplé ce chiffre, mais ce sont les mêmes endroits, de Morcellement Diocèse à Cité La Cure, cités en toutes lettres dans ce rapport, qui sont aujourd?hui sinistrés.
N?aurait-on rien fait à partir de ce constat ? Certes, non. On veut bien croire le chiffre de quelque 90 chantiers de drains qu?avance le ministre responsable de la National Development Unit (NDU). Mais il est difficile de croire que les conseils des experts aient fait l?objet de l?attention qu?ils méritaient. Comment penser le contraire quand Rajesh Bhagwan annonce, comme une grande première, qu?une «Land Drainage Authority» sera créée pour l?évacuation des eaux alors que cette unité était la principale recommandation du rapport ! On a pallié ici et là l?absence de drains, mais il est clair qu?il n?y a eu aucun plan d?action global, où, à chacune des failles identifiées, aurait dû correspondre une initiative et un responsable. Cela aurait été l?occasion de rendre chaque instance impliquée responsable à un niveau.
Car, à force d?être toutes impliquées, personne n?est vraiment redevable. S?ils se renvoient la balle, comment peut-on espérer changer les choses ? Quand le drain est mal construit et, par conséquent bouché, qui en est responsable quand il déborde ? Celui qui l?a fait construire ou celui doit l?entretenir ?
On en revient à déplorer ces bouledogues sans dents que sont les conseils de district et les municipalités. Responsables du bien-être basique des citoyens et des villageois, ils n?ont ni les moyens de forcer les propriétaires irresponsables à détruire des murs, ni l?expertise nécessaire pour un problème aussi complexe que l?évacuation des eaux, ni la proximité avec les citoyens qui fait que l?on se dévoue fait et cause, ni surtout, l?initiative, habitués qu?ils ont été d?être sous la tutelle de l?administration centrale.
L?initiative, l?insistance auprès des autorités paie. Il n?y a qu?à voir là où les inondations ont été moins graves pour en être convaincu. A Petit-Verger ou Vuillemain, endroits hautement critiques il y a quelques années, ils ont été moins affectés qu?à Terre-Rouge ou à Péreybère. Le PPS Deven Nagalingum, qui s?oblige à un face-à-face régulier avec le public parce que « se kont divan ki cervolan mont pli ot », aura été un des rares députés à utiliser son pouvoir pour que les drains dans sa région soient construits dans des délais raisonnables. Pourquoi les autres ne se sentent-ils pas tout aussi redevables ?
Il aura fallu cette douche pour nous réveiller. Il faudrait maintenant déployer les grands moyens avant que l?on ne sente ? véritablement cette fois ? les surprises du changement climatique...
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