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Le bloc Poutine favori de législatives sans suspense en Russie
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Le bloc Poutine favori de législatives sans suspense en Russie
CENT DIX MILLIONS de Russes ont voté hier à l?occasion d?élections législatives sans suspense dont le parti Russie Unie du président Vladimir Poutine est le grand favori à l?issue d?une campagne terne et muselée par les médias officiels.
Le vote a débuté sous la neige et le vent dès samedi soir heure française en Extrême- Orient et les 94 000 bureaux de vote ont ouvert au fur et à mesure du lever du jour le long des onze fuseaux horaires de la gigantesque Fédération.
Quatre cent cinquante sièges doivent être renouvelés, la moitié au scrutin proportionnel de liste, dépendant du pourcentage recueilli par un parti au niveau national, l?autre moitié au scrutin uninominal majoritaire à un tour.
La commission électorale nationale commencera d?annoncer les résultats à 21 heures (18 heures GMT) au moment de la fermeture des derniers bureaux de vote à Kaliningrad.
A Iekaterinbourg, frontière entre Russie européenne et asiatique, beaucoup avouent ne pas avoir beaucoup d?autre choix que de voter pour le parti de Poutine.
?Je vote pour ceux qui soutiennent l?autorité. Eux seuls ont le pouvoir de faire quelque chose?, confie Alexei Beloussov, un homme d?affaires. ?Ils ne conviennent pas à tout le monde mais il n?y a vraiment pas d?alternative.?
Le bloc Russie Unie a fait campagne sur le maintien de l?ordre et la lutte contre la corruption.
Les sondeurs prédisent qu?il renforcera ses positions aux dépens des communistes, toujours fortement représentés, et qui recueillent une bonne part de leur soutien auprès des personnes âgées nostalgiques de l?ère soviétique.
L?opposition libérale ne s?attend pas à des miracles et pourrait même ne pas franchir la barre des 5% de suffrages exprimés nécessaire pour être représenté au Parlement.
?Rien ne changera?
Les partisans de Poutine devraient obtenir une large majorité, mais en-deçà de celle des deux tiers requise pour adopter des changements constitutionnels.
Poutine, qui briguera en mars 2004 un second mandat de président, à 51 ans, pourrait aussi utiliser cette victoire attendue pour lancer un programme de réformes économiques.
Le président russe et son épouse Liudmila ont déposé leur bulletin dans un bureau de vote du sud-ouest de Moscou.
Les quelques électeurs interrogés dans les rues de la capitale ne semblaient guère se passionner pour l?affaire Ioukos et l?arrestation fin novembre de l?ancien patron du groupe pétrolier russe Mikhaïl Khodorkovski, l?homme le plus riche du pays, pour fraude.
Le conflit en Tchétchénie, ignoré par les médias officiels pendant la campagne, mais revenu sur le devant de l?actualité vendredi après un attentat suicide qui a fait 42 morts dans un train de banlieue dans le sud de la Russie, ne paraît pas non plus préoccuper énormément les votants.
Les mesures de sécurité, dans les gares notamment, ont été renforcées par les autorités après l?attentat. Plusieurs milliers de policiers ont été mobilisés.
Le vote jusqu?ici s?est déroulé sans incident. La principale inconnue du scrutin concerne le taux de participation, qui devrait être très faible en l?absence de réel suspense.
?Rien ne changera, tout est décidé d?avance?, a lancé un homme de 50 ans en allant au bureau de vote, les pieds foulant l?épaisse première neige qui a recouvert Moscou. ?Il y avait Russie unie, et elle restera. Bien sûr, j?espère toujours mais je n?attends rien d?extraordinaire.?
Elizabeth Piper
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