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Le bilan de Claudette 7 morts et 34 blessés

23 décembre 2004, 20:00

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Le bilan du cyclone Claudette s’alourdit d’heure en heure, au fur et à mesure que les nouvelles, les unes plus affligeantes que les autres, parviennent aux journaux et au QG de la police. Sept personnes, dont deux enfants, trouvent la mort dans ce triste cadeau climatique de Noël. Comme si, avec la dévaluation de Ringadoo, suivant ses trois budgets de la mi-juin, les Mauriciens n’ont pas eu leur reste. Advance même l’admet : “1979 se meurt sur une mauvaise note. L’île Maurice ne peut que panser ses blessures”. Ce journal ramgoolamien compare Claudette à Alix et à Carol, deux cyclones qui, en 1960, “ont secoué Maurice jusque dans ses entrailles”.

A Curepipe, rue Lees, l’écroulement d’une maison blesse mortellement la jeune Devina Nundlall, 14 ans. Des meubles se renversent sur elle ainsi que sur son frère. Blessé, ce dernier doit être hospitalisé. A Le Hochet, un vieillard meurt noyé dans la nuit du 22 décembre. Il pourrait avoir été emporté par un torrent en crue, dont les eaux envahissent sa maison. Son cadavre est retrouvé non loin de là.

A Rose-Hill, deux sans domicile fixe trouvent refuge dans le Bar Saint-Antoine, à proximité du marché municipal. Ils périssent carbonisés dans un incendie qui éclate peu après. Le feu détruit le bar ainsi que le magasin Edouard attenant. Les deux victimes se nomment Amode Emanjee, 55 ans, et Louis Bhugmanoa, 50 ans.

Meurent noyés pendant le passage de Claudette, un enfant à Camp de Mascle et un employé de la Development Works Corporation (DWC) à Montagne Blanche. La localité de Rivière Sèche est à la recherche d’une adolescente portée disparue sans qu’on puisse attribuer sa disparition au cyclone.

Le bilan ne s’arrête hélas pas à ces morts. Des soins urgents doivent être donnés au 34 blessés graves qu’enregistrent les hôpitaux. On dénombre déjà 3 706 sinistrés dans les centres de refuge et des dommages conséquents causés à 3 398 maisons et immeubles. Les services d’Etat sont à pied d’œuvre pour faciliter un rapide retour à la normale. Special Mobile Force et DWC dégagent au fur et à mesure l’ensemble du réseau routier obstrué par les arbres et les branches abattus. Les journaux ne peuvent paraître de nouveau que le 27 décembre 1979, ce qui indique que le courant électrique n’a pu être rétabli dans le centre de Port-Louis que la veille. Cela laisse supposer un chômage technique pour la plupart des entreprises, bureaux et firmes commerciales, du moins pour ceux qui ne voulaient pas ralentir la productivité en raison du temps mort festif des 24, 25 et 26 décembre. La MBC/TV reprendra en partie, dans la soirée du 27 décembre ses émissions pour les téléspectateurs des rares régions reconnectées avec le circuit électrique. On enregistre le même phénomène du côté des services téléphoniques. Les municipalités et les conseils de district font appel à des équipes additionnelles d’éboueurs ainsi qu’à des propriétaires individuels de camion afin d’accélérer l’enlèvement des ordures qui encombrent les cours des particuliers et les voies publiques. Ringadoo préside un comité coordonnant les activités des divers services gouvernementaux. Un Cyclone Relief Fund est mis sur pied. Il ne tarde pas à enregistrer ses premières donations. Le secteur privé et plus particulièrement les établissements sucriers, les docks, les cliniques, les médecins offrent spontanément au gouvernement les moyens dont ils disposent.

Pour ne pas changer, la France est le premier pays ami à offrir son aide à la population mauricienne. Elle consiste notamment en une aide technique au rétablissement des réseaux téléphonique et électrique. L’ambassadeur de France, Jean Jacques Mano, est en contact constant avec Harold Walter, ministre des Affaires étrangères. Un Transall fait route vers Maurice avec, à son bord, des véhicules et du matériel technique nécessaire aux réparations. Le navire escorteur Altair fait de même avec, à son bord, des ingénieurs du génie civil. Deux équipes françaises seront bientôt à pied d’œuvre sur nos routes.

Déjà s’approche le moment pour un Premier ministre, Sir Anerood Jugnauth en l’occurrence, de pouvoir annoncer, non sans fierté, après le passage d’un cyclone : “Nous n’avons plus besoin de faire appel à l’aide étrangère, si généreuse et si spontanée puisse-t-elle être !” La fin du colonialisme, c’est peut-être aussi cela !

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