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Le ?bharat natyam?, source d?énergie de Raghunath Manet
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Le ?bharat natyam?, source d?énergie de Raghunath Manet
Quand Raghunath Manet arrive dans un nuage d?eau de toilette, on ne sent plus que ses vibrations. Son parler sans accent ou presque. Sa manière d?insister sur l?énergie qui l?attire dans la danse. Sa danse. Le bharat natyam.
Celle qu?il a réinventée. Qu?il a exhumée de la tradition, pour la porter jusqu?aux nues de la modernité. Pressé de questions, le danseur, qui n?hésite pourtant pas une seconde à assortir ses paroles de mouvements chorégraphiques, répète : ?Venez voir le spectacle.?
Invitation lancée pour assister à Pondichéry, spectacle qui combine le bharat natyam et un récital de veena. Rendez-vous : samedi 15 avril à 20 heures au Mahatma Gandhi Institute (MGI) à Moka. Événement Otayo, le tarif de première est à Rs 500, Rs 400 en seconde et Rs 300 en troisième alors que les places latérales sont à Rs 100.
?C?est un hommage à ma ville natale?, explique le danseur. Et Raghunath Manet de nous emmener dans le sud de l?Inde. D?abord celui de la colonisation française, du temps où Pondichéry était un comptoir de la Compagnie des Indes orientales. Celui des danseuses des temples, assimilées aux prostituées, puis chassées. Poussées dans les bras du cinéma, porte de sortie pour cet art sacré.
Un retour sur l?histoire qui a non seulement donné lieu à une chorégraphie mais aussi à des livres. Car Manet est aussi anthropologue. Son but : ?Trouver la vraie tradition.? Celle où hommes et femmes, égaux, dansaient le bharat natyam. Le temps où cette danse n?était pas l?apanage du féminin. ?Car si la tradition n?est pas interprétée, elle meurt.?
Le danseur récuse les termes de ?maître? ou de ?phénomène?. Préfère parler de la ?nouvelle? phase où il est entré. Celle où il partage son art avec des enfants abandonnés, des orphelins. ?On traîne toujours trop de choses dans la vie. Là, ça me permet de donner, de tout donner.?
Paradoxe. Le dos rendu bien droit par les années de pratique, Raghunath Manet se dit ?déçu par l?enseignement et parce que les élèves abandonnent tout après le mariage?. Ce qui ne l?empêche pas d?animer une Master class demain après-midi au MGI.
De son propre apprentissage, le danseur peut parler des heures. Pour raconter comment ses parents ont dit non quand, petit, il leur a annoncé son désir de danser. ?C?était pour les filles, une manière de les occuper en attendant le mariage. On m?a dit : ?Deviens ingénieur ou prof comme tes parents parce qu?on ne peut pas gagner sa vie comme danseur en Inde, sauf si on est professeur?.?
Lui persévère. Va d?abord vers ?des maîtres trop âgés?. Puis se tourne vers les femmes qui faisaient ?quelque chose de trop gracieux, de beaucoup trop lent?. C?est le début de la recherche pour Raghunath. Le retour aux temples. Là où le bharat natyam participe au culte du dieu Shiva. Danse de la création qui n?occulte rien de la part d?érotisme et de sensualité. Une recherche qui fera de Manet le premier danseur indien à se produire à l?Opéra de Paris et dans les capitales européennes. À partager sa vie entre la France et le sud de l?Inde. Avant de se produire chez nous samedi.
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