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Le Banana Club fait un pied de nez aux autorités

26 juin 2006, 00:00

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Minuit. L’heure pour le Banana Beach Club de fermer ses portes. C’est ce que stipule la loi. Mais ce n’est pas ce que prévoit le club. Music Day Rally oblige, il est prêt à l’incartade. Plusieurs artistes y étaient samedi soir. Et tous ont fait fi du couvre-feu.

Nous arrivons au Banana, à Grand-Baie, à 21 heures. Et déjà, le ton est donné : pas question de fermer à minuit. Une soirée spéciale pour la Fête de la musique devant un public essentiellement composé de touristes. “Les touristes sont mécontents de ce couvre-feu. Qu’allons-nous faire pour gérer cette situation”, lance Greg Grewell, gérant du club. “Les touristes recherchent ce night life. Depuis trois ans au moins, Banana accueille des artistes mauriciens pour leur permettre de se faire connaître. Nous commençons à 22 h 30 et nous enchaînons jusqu’à 2 heures.”

Mais depuis que les policiers viennent fermer les portes du club, (bâtons en main, paraît-il parfois), les clients s’interrogent. Samedi soir, à minuit moins vingt, l’un d’eux arrive effectivement. Il s’installe devant l’entrée. Une petite discussion avec Greg Grewell avant que ne le rejoigne un collègue. D’autres officiers sont également présents, en voiture, à moto et même à pied.

“Je sais bien que les policiers font leur job, confie Greg Grewell. Mais Grand-Baie est la destination touristique la plus prisée. Elle a du charme et est connue pour être dynamique… Au Banana Beach Club, nous n’avons jamais vu une bagarre, nous faisons toujours attention à nos clients !” Les portes du club ne se fermeront pas à minuit mais vers 2 h 30. Le policier placé à l’extérieur nous annonce que “normalement nou pou les zot ale ziska 2 heures di matin. Me li kapav ale au-dela, jusqu’à 3 heures environ. Vers 2 h 30, nou arive ek nou demann zot fermer.” Un rituel qui se fait depuis quelques semaines déjà.

Xavier-Luc Duval (XLD), ministre du Tourisme et Mahen Gowreesoo, ministre des Arts et de la Culture, ont aussi été invités à la soirée mais aucun d’eux n’est venu. “C’est honteux, souffle Greg Grewell. Après tout, nous faisons tellement de choses pour promouvoir les artistes mauriciens ! Si les autorités ne voient pas tout le travail et l’effort que nous faisons, comment réaliseront-elles que le night life est un marché important ?” Dans une récente conférence de presse, XLD affirmait qu’il prendrait le problème en main. En attendant, Greg Grewell fait signer des pétitions pour s’élever contre cette fermeture prématurée…

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