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Le «trader» fraudeur peut frapper n?importe où, n?importe quand
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Le «trader» fraudeur peut frapper n?importe où, n?importe quand
Un «trader» indélicat peut frapper n?importe où et à tout moment et il est impossible de dénicher a priori tous les fauteurs de troubles potentiels, estiment d?anciens régulateurs et des consultants sur la gestion du risque aux Etats-Unis.
«Tout ce qui fait un grand trader, on le retrouve chez un grand fraudeur», résume Mark Rasch, consultant chez FTI Consulting et qui auparavant dirigeait le département des délits informatiques du département dela Justice.
«Il n?existe aucun système totalement protégé», renchérit Harvey Pitt, qui présidait la Securities and Exchange Commission, le gendarme boursier américain, en 2001 et 2002. «On redoute toujours l?éventualité d?un ?trader voyou?».
Dans ce cas, l?affaire de la Société Générale (SocGen) a de quoi donner des sueurs froides aux banquiers, aux investisseurs et aux régulateurs.
Toutefois, les banques peuvent prendre des mesures préventives, telles qu?un contrôle régulier de tous les documents dont l?accès n?est pas restreint : situations de crédit, achats immobiliers, voire jugements de divorce. «Cela implique toute une gamme de vérifications même pour les personnes qui ont satisfait à toutes sortes d?examens», précise Pitt.
Ceux qui commettent une fraude sont le plus souvent totalement concentrés sur la nécessité d?échapper aux contrôles et de donner l?impression que tout est normal. C?est pourquoi les banques qui exercent les meilleurs contrôles exigent de leurs salariés qu?ils prennent une à deux semaines de congés par an, sans le moindre contact avec leur bureau.
Les commissaires aux comptes peuvent ainsi plus facilement détecter une fraude si celui qui l?a commise n?est pas là pour la dissimuler. Au contraire, Jérôme Kerviel, le «trader» de la SocGen incriminé, n?était pratiquement jamais absent de son bureau.
En revanche, des mesures comme les tests psychologiques sont inefficaces de l?avis de bon nombre d?experts : les traders fraudeurs ayant souvent en commun avec les étoiles de la finance des aptitudes mathématiques hors du commun, ces tests peuvent devenir par trop indiscrets et démoralisants.
Au fur et à mesure que l?affaire SocGen dévoile ses dessous, les banques vont inspecter leurs systèmes et leurs réseaux, à l?affût du moindre point faible. Mais il leur faut agir vite car les fraudeurs tirent beaucoup d?enseignements des erreurs de leurs homologues.
De plus, le système peut également être détourné par ceux qui savent parfaitement comment il fonctionne.
Kerviel par exemple a passé cinq ans au «middle office» de la Société Générale avant de monter au «front office» et il avait une excellente connaissance des systèmes informatiques chargés de contrôler ses propres transactions.
«Il y en aura toujours pour dire : ?Nous avons confiance en nos contrôles; ça n?arrive qu?aux autres?», dit Sandip Vishnu, de la firme de consultants BearingPoint. «Voilà qui est bien naïf, selon nous.»
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