Publicité

L?autre lobbying

5 juillet 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Maurice a présenté hier son cas devant les bailleurs de fonds internationaux à Bruxelles. Elle souhaite lever des fonds pour financer des réformes vitales qui devraient permettre à ses industries de rester compétitives dans le sillage du démantèlement accéléré des filets de protection commerciale.

L?économie a besoin de Rs 150 milliards pour mener son projet à bon port. L?idée est audacieuse, mais il faut bien tenter le coup car les ressources disponibles localement ne suffisent pas devant l?ampleur de nos besoins de financements.

Nos diplomates avaient l?habitude de se rendre à Bruxelles pour d?autres raisons. La plupart du temps, c?était pour défendre nos ?acquis sucriers? face aux menaces de baisse de prix et de remise en cause du Protocole sucre. Les menaces se sont concrétisées malgré tous les efforts de lobbying, et l?industrie sucrière se retrouve devant une menace de disparition.

Aujourd?hui, le combat change de nature. Maurice n?a pas de choix que de s?ajuster aux nouvelles conditions du marché. Elle cherche des supports financiers pour réussir sa phase de transition. Mais la quête de financements demande des arguments autres que ceux généralement mis en avant pour ?défendre et préserver nos intérêts?.

Devant le Fonds monétaire international, la Banque mondiale ou encore la Banque européenne d?investissement, nos représentants doivent parler un langage de visionnaire et de discipline. Nos dirigeants politiques s?apprêtent à faire le tour des capitales européennes pour vendre ce modèle qui promet discipline, transparence, responsabilité et bonne gouvernance dans la gestion des affaires de l?État.

Le gouvernement entend ainsi jouer la carte de la rigueur fiscale et économique pour bien présenter son cas devant la communauté des bailleurs de fonds. Il veut ratisser large et toucher non seulement les agences de financement mais aussi les pays européens, surtout les pays amis telle la France.

Maurice veut aussi puiser dans les autres sources possibles. Les initiatives d??aid for trade? (AFT) sous l?Organisation internationale du commerce en sont une. Le cycle de négociations de Doha a une dernière chance de sauver son agenda de développement s?il y accorde un engagement sincère et concret.

Les AFT sont essentielles pour aider les économies comme la nôtre à absorber les chocs commerciaux et économiques mais aussi pour développer les capacités industrielles du pays afin de mieux profiter de l?ouverture des marchés.

Cependant, les nouvelles venant de Genève ne sont guère rassurantes pour ceux qui comptent sur ces aides au développement. Les pays riches et les grandes nations en développement, dont la Chine, le Brésil et l?Inde, se livrent toujours à une lutte sans merci sur les produits agricoles et industriels.

L?agenda de développement semble être mis à l?écart de ces négociations. Nos négociateurs doivent veiller que nos demandes en faveur des assistances au développement ne soient pas remises en cause dans la précipitation pour boucler le cycle de Doha.

Publicité