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L?authenticité historique de la famille Gujadhur

20 octobre 2008, 00:00

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Leela Gujadhur Sarup ne laisse planer aucun doute. «Je ne voulais pas discréditer la famille, elle l?a fait par elle-même. Je n?ai pas écrit contre elle. Je suis une Gujadhur, ce n?est pas possible d?écrire contre ma famille, mais l?histoire, c?est l?histoire et je me suis documentée».

C?est sous l?aspect de l?authenticité historique que Leela Gujadhur Sarup aborde l?histoire de sa prestigieuse famille. Une formidable saga contenues dans les pages de Unravel the thread ? the Gujadhurs of Mauritius. L?ouvrage, ainsi que deux tomes de Colonial Emigration 19th-20th century- Annual reports from the port of Calcutta to British and foreign colonies ont été lancés mercredi, par le président de la république sir Anerood Jugnauth (voir hors texte).

«The positive approach of Leela Gujadhur Sarup is all the more notable in that she herself is linked to a sad episode of the family?s story, so much part of mauritian history», écrit en avant-propos Jean Claude de l?Estrac. «Leela was born in Calcutta, the daughter of a father who was banished prior to the shootings of four labourers on the family?s sugar estate at Union Flacq although he was in no way involved in the tragic event. Those were the days when the Gujadhurs were the owners of six sugar mills but also when the family feuds were tearing apart the once united community».

Unité et division. C?est avec concision que l?auteur alterne les séquences, dans une famille caractérisée par, «le respect des traditions». Notamment celle de l?amitié. Comme pour ce fils prénommé Ackbar ? un prénom musulman dans une famille hindoue ? en hommage à Suleïman Timol, un proche de la famille. Plus loin, on apprendra que c?est conjointement avec Goolam Atchia et Hanoomanjee que Persad Gujadhur achèteront l?usine sucrière de Chebel en 1894.

C?est également au nom des traditions que l?on apprend que Rajcoomar Gujadhur ( 1871 ? 1941), « who had refused to buy a house in his personal name had said, «It would show disrespect to my brother who is equal to God». Till he died in 1941, he kept this vow and never bought a house in Calcutta in spite of huge cash balances in his bank accounts in Calcutta and Mauritius?.

Dans la foulée, l?auteur prend le soin de reproduire la signature de Rajcoomar Gujadhur datée de 1903. Lui qui fut le premier mauricien d?ascendance indienne à siéger à l?assemblée.

Même souci de vérité quand Leela Gujadhur Sarup aborde le sujet de la fortune des Gujadhur. Que ce soit du château situé à Curepipe, avec ses 24 chambres, ses court de tennis, ses écuries et sa volière. Ou des questions d?héritages qui ont entraîné des procès, divisant ainsi le clan.

Après avoir énoncé les faits, en tant que membre de la famille, l?auteur se permet des interprétations, des plongées au c?ur des mentalités d?une époque, augmentant ainsi la compréhension d?une histoire familiale aussi complexe.

Sur le ton du commentaire, elle écrit notamment : «I find it puzzling that when their son Persad was flushed with cash, why did my great-grand parents or his parents borrow money from outsiders ? (?) One interpretation I can deduce is Persad was self-made without any financial help from his parents, hence the reticence to borrow from a son!»

Dans un registre plus dramatique : le même Persad sera poursuivi en cour de justice par sa fille Gowry puis par son fils Amurdeeal, qui réclament chacun leur part de la fortune. Dégoûté, Persad cèdera tout à son frère et retournera en Inde en février 1920. «En lisant les comptes-rendus de la Cour, j?ai pleuré car c?était pénible de lire ces tiraillements et déchirements».

Enfin, quand on demande à l?auteur où est-ce qu?elle achève son récit de la saga familiale, Leela Gujadhur Sarup sourit et dit : «cela ne finit pas, cela continue».

COMPILATION

«COLONIAL EMIGRATION ACTS»

Colossal. Le travail abattu depuis 1996 par Leela Gujadhur Sarup. Pour recopier à la main ? l?histoire de l?émigration coloniale au 19ème et 20ème siècle. Imaginez un peu. Faire le va-et-vient entre les bibliothèques et archives nationales de la Grande Péninsule dispersées entre Calcutta ( celle de l?état du West Bengal), Bombay, DElhi et Madras. Passer les barrières administratives, obtenir les permissions pour avoir accès aux documents. Cajoler parfois des employés pour qu?ils lui permettent d?avoir accès à un registre qui avait été retiré des étagères pour être laminé ? et qui ne l?avait pas été après deux ans. Passer aussi les barrières physiques. Celles qui demandent endurance et persévérance pour copier à la main des documents officiels, qui dans certains cas n?avaient pas été consultés depuis de très nombreuses années. Se contenter de deux sandwich et d?une bouteille d?eau pour copier ces documents depuis l?heure d?ouverture jusqu?à la fermeture des institutions.

Ce sont là les travaux d?Hercule de Leela Gujadhur Sarup. Résultat : une impressionnante trilogie. Constitué d?abord des 750 pages du «Colonial Emigration Acts ( 1837 ?1932), Indentured Labour, Slavery to salvation». En deuxième lieu, «The Annual Reports from the port of Calcutta to British and foreign colonies». Ce sont les tomes 4 & 5 qui ont été lancés mercredi. Ce sont les rapports annuels du Protector of Emigrants postés dans chacune des colonies britanniques. Des rapports que Leela Gujadhur Sarup a recopié en respectant à la lettre les originaux. Pour en faire une source première indispensable aux chercheurs et étudiants, à travers le monde entier.

EXTRAIT

«UNRAVELLING THE THREAD ? THE GUJADHURS OF MAURITIUS»

I always knew where I came from. I never had to search for my roots, as did Alex Haley in his masterpiece, Roots. I was born in Calcutta and grew up in the premier Indo-Mauritian family on the island of Mauritius, when both India and Mauritius were a part of the British Empire. Certes, I played barefeet all my youth, but enjoyed a Lucullan lifestyle, fit for a Princess. When one has all one wants, what else could one ask for? But when the idyll eventually disappeared, just as the proverbial bubble bursts, it was time to search into the past and discover the truth, and to dispel a few myths. It was time to Unravel the Threads.

For me it became important to celebrate the lives of my forbears, from whom my family has received births and basic values of life:- their virtuous lives continue to shape our personality. The Future, of course, cannot be a linear projection of the past, but the values we have imbided by just watching our forebears? sincerity towards work, their total devotion to family life, their total immersion in their religious rites, which we continue to follow, without wavering from these centuries old traditions: all these give us a sense of purpose, a strong will to achieve superior goals, a desire to make a difference. These are not ordinary gifts.

Our way of living does change, as time and science add new paradigm shifts in our midst. Our future cannot be the same as our present and this present is definitely not the same as our forbears? past. The style of living may change but we instill the same values our forebears passed on to us, to our children.

I always had a gossamer misty view of my paternal great-grand parents lives; after years of research the veil lifted slowly, allowing my great-grand parents to enter the scene, almost in a palpable way. I found myself conversing with them, dreaming of them so regularly that they appeared to be part of my today?s life. In their own spheres of influence, they earned a reference for themselves, and for us, have left their indelible foot-prints.

As emigrants and their first descendants, the story of my family need to be told ?especially so as it played a great role in the socio-economy scenario of the island of Mauritius. I think it is a good idea to let people in Mauritius and erstwhile colonies of the world know this story, which cannot be written off in the history of Mauritius.

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