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L?architectonique de la transition
Les enjeux sont graves. Les défis importants. La marge de man?uvre étroite. La transition sera longue et difficile. Avec au bout, l?émergence d?une société basée sur une nouvelle architecture socio-économique. Pour concrétiser cette potentialité, il convient de dégager l?architectonique (les règles et les techniques) appropriée.
Pour paraphraser feu sir Gaëtan Duval, pour bâtir l?île Maurice, le pays a besoin non pas de « tireurs plan » mais d?architectes. Le ministre Sithanen a indiqué ce que serait l?ossature, soit les piliers annoncés de l?architecture souhaitable, selon lui, pour l?économie mauricienne. Il a trouvé en l?économiste Ali Mansoor, le maître d?ouvrage pour l?épauler dans sa tâche.
Pour la réalisation du nouvel édifice socio-économique, il faut un concept cohérent, une maîtrise technique, un plan d?exécution avec un échelonnement approprié, et une bonne synchro-coordination. Il y a aussi des règles à respecter ! Si c?est le devoir et la responsabilité de tout citoyen de participer activement à la construction de l?édifice, c?est aux élites qu?il appartient d?être les modèles, tant dans leurs discours que dans leurs pratiques. L?exemple vient d?en haut !
Les générations ? et les élites ? qui nous ont précédés ont su surmonter les moments difficiles en faisant leurs certaines valeurs et règles de base. Soit une réelle volonté de vivre ensemble, un souci de l?intérêt général, un sens de la solidarité nationale, une véritable culture de l?effort et du travail, et une intelligence de situation. Les dirigeants ont su, lors de ces moments, faire taire certaines de leurs différences pour permettre au pays de progresser.
Aujourd?hui ce qui est en jeu c?est notre survie à tous. Soit tout le pays se retrousse les manches et prend le chemin du travail, de l?effort, de la rigueur, de l?imagination créative, de la solidarité pour exploiter intelligemment tous les atouts dont il dispose. Soit par manque de courage, par irresponsabilité, il se laisse aller dans la voie de la démagogie populiste et de la cupidité. L?heure n?est plus aux agendas partisans, aux considérations de petites personnes, aux revendications sectaires qui font dériver dangereusement le pays.
L?avenir passe par de nouvelles règles que les acteurs du développement doivent inventer tant pour leur fonctionnement que dans leurs rapports avec les autres. Pour la classe politique, cela signifie rompre avec une conception où prime l?intérêt partisan aveugle avec son lot de déni de la réalité, de division, de tension inutile. La gravité de l?enjeu exige que toute la classe politique tourne résolument le dos à la pratique dominante perverse en cours.
Les acteurs économiques doivent eux aussi se repenser. Vivement donc que le « corporate private sector » fasse au plus vite son « aggiornamento » pour mieux jouer son rôle et assumer pleinement ses responsabilités avec une vision du développement intégrant la dimension sociale et citoyenne.
Les médias façonnent l?opinion publique. Ses animateurs sont conscients qu?en choisissant d?être soit l?amplificateur des dynamiques positives, soit celles, mortifères, menant à la destruction, les médias vont influer positivement ou négativement sur le moral de la nation.
Ces nouvelles règles sont indispensables pour que les artisans du chantier Maurice mettent le c?ur à l?ouvrage pour jeter les fondations solides de la nouvelle architecture socio-économique. Autrement, l?édifice ne tiendra pas. Et en s?écroulant, il ne fera pas de distinction de race, de couleur, de communauté ou de caste. Ce serait dramatique si pour une question d?egos surdimensionnés, certains acteurs du développement refusent d?évoluer, et privent ainsi le pays de l?architectonique nécessaire pour réussir la transition.
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