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?Land of the dead?

1 décembre 2005, 20:00

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Cela fait toujours plaisir de constater que le créateur d?un genre est parvenu, malgré le passage des décennies, non seulement à maintenir ce genre en vie, mais aussi à lui conserver sa vitalité et même à développer le propos qu?il exprimait dès le tout début. Ainsi, en 1969, George A. Romero sortait La Nuit des morts-vivants, un huis clos terrifiant, réalisé avec un très petit budget et sans vedettes.

L?horreur y était absolue et le film fit une date dans l?histoire du cinéma. À cause de l?efficacité de la réalisation (malgré les moyens sommaires), de l?horreur qui baignait tout le film (six personnes barricadées dans une cabane encerclée par les morts-vivants) et aussi à cause du concept. On pourra toujours discuter de la réelle nécessité des deux suites, Le Jour des morts-vivants et Le Crépuscule des morts-vivants à travers lesquelles Romero développe son sujet (partant de l?histoire originale) et l?aspect ?gore? de ses films. Quant aux morts-vivants, les vrais personnages principaux de cette saga, leurs origines sont à ce jour, plutôt vagues, mais ils parviennent à dominer le monde en l?espace de trois long-métrages.

Land of The Dead, le quatrième tome sorti cette année, nous emmène donc dans un futur pas si lointain où, pour échapper à ces créatures avides de leur sang et de leur chair, les humains se sont retranchés dans des villes fortifiées. Celle que l?on voit dans ce film est isolée, vivant sous l?autorité d?un chef autoproclamé, Kauffman (Dennis Hopper), un mafieux désirant surtout se remplir les poches et qui a sous ordres une milice armée pour maintenir l?ordre et la paix, ainsi qu?une bande de mercenaires pour tout sale travail ayant trait aux morts-vivants.

Il y a aussi un héros, Riley (Simon Baker), le chef des mercenaires, un traitre, son second, répondant au nom pittoresque de Cholo (John Leguizamo) et une belle, Slack (Asia Argento, fille de Dario Argento, un autre maître de l?horreur gore), une prostituée jetée aux morts-vivants par les sbires du grand patron, mais sauvée par le héros. Tout cela n?est guère très original et les acteurs ont beau être adéquats dans leurs personnages, rien ne démarque ces derniers d?autres personnages de séries B.

Les morts-vivants, par contre, ont évolué de leur état de légumes animés. Ils éprouvent des émotions primaires, hantés par de très vagues souvenirs de leurs existences passées, sont capables d?actions concertées et finissent par monter une attaque contre la ville, menés par un ancien pompiste interprété par un acteur (Eugene Clark) dont la prestation est peut-être la plus prenante de tout le film. Une des scènes clés, celle où on les voit émerger d?une rivière en pleine nuit, porte bien la marque de George Romero.

Leurs apparitions presque toujours maculées de gore feront sursauter certains alors que d?autres hausseront les épaules. Les amateurs de chairs déchiquetées et de putréfaction y trouveront leur compte, mais il se pourrait bien que l?horreur dans ce film, soit du côté des humains et de leurs exactions. ?Dans un monde où les morts sortent de terre, le mot ennuis n?a plus aucun sens??, dit Dennis Hopper. Son personnage n?est pas sans évoquer celui bien réel, d?un Donald Rumsfeld s?octroyant certains contrats grâce à une guerre lointaine.

De plus, cette ville où une poignée de nantis règnent sur toute une population dépourvue de tout, exclue de tout et lui fait miroiter le rêve pour décourager toute solidarité, n?est pas sans évoquer nos sociétés actuelles. C?est bien cette vision qui effraie.

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