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L?ancien ?raïs? Saddam Hussein absent à son procès

7 décembre 2005, 20:00

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Les journalistes ont pu suivre l?audience depuis une gallerie mais n?ont pas été autorisés à écouter les échanges entre les avocats de la défense et les juges. A la fin de la quatrième journée d?audience, mardi, Saddam Hussein avait menacé de ne plus se présenter devant le Tribunal spécial irakien en raison du caractère ?injuste?, à ses yeux, du procès. L?ancien ?raïs? avait alors souhaité à ses juges d??aller en enfer? et s?est plaint de ses conditions de détention.

Mardi, des témoins ont expliqué comment des centaines de personnes ont été arrêtées et torturées à Doujaïl, au nord de Bagdad, en 1982. ?D?imposantes forces ont envahi Doujaïl, comme s?il y avait la guerre ...?, a raconté Ahmed Hassan Mohammed, membre connu du parti chiite Al-Dawa. Il évoquait les suites de l?attentat qui a visé en 1982 le convoi du président, alors en visite dans la région. Arrêté avec des membres de sa famille, il a ensuite été transféré à Bagdad au siège des services de renseignement, dirigés par Barzan al Tikriti, demi-frère de Saddam Hussein et co-accusé du procès.

La tête haute face à l?injustice

?Je le jure devant Dieu, je suis passé devant une pièce et sur ma gauche, j?ai vu une broyeuse d?où coulait du sang et en dessous de laquelle se trouvaient des cheveux?, a raconté Ahmed Hassan, dont le témoignage à visage découvert a été plusieurs fois interrompu par Barzan al Tikriti criant du banc des accusés: ?Mensonge!?. Un deuxième témoin a déclaré que son frère de 16 ans avait été arrêté et exécuté.

Au total, 148 villageois ont perdu la vie en signe de représailles contre cette attaque. Saddam Hussein a tenté plusieurs fois de répondre aux témoins. Interrompu par le juge, il a lancé: ?Je n?ai pas peur de la mort?. ?L?important ce n?est pas Saddam Hussein, mais l?Irak et la nation arabe qui doit garder la tête haute face à l?injustice. Saddam partira et un autre viendra le remplacer. Cela n?a aucune importance?, a-t-il dit.

Cette première journée d?audience a aussi été marquée par une bataille de procédure entre le juge et les avocats. Ceux-ci ont brièvement renoncé à défendre les accusés, pour protester contre l?interdiction faite aux avocats internationaux de prendre la parole et de discuter de la légitimité de la Cour.

Après une heure et demie d?interruption, l?ancien ministre de la justice américain Ramsey Clark a pu présenter ses doléances au sujet de la protection des avocats, alors que deux des défenseurs de l?ex-président ont été tués. L?ancien ministre qatari Najib Al Nouami, a contesté la légitimité du tribunal en soulignant que ?les tribunaux d?exception sont interdits par le droit international et ce tribunal en est un?.

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