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L?alcool,une histoire d?émotions? et de risques

9 juillet 2006, 00:00

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Boire un petit coup c?est agréable, dit la chanson. Des paroles à consommer avec modération, réfuteraient les médecins. Halte ! Nous n?allons pas ici vous délecter d?un débat à ce sujet. Nous avons juste fait un survol de cette société où l?alcool est aussi une histoire de sensations et de partages. `

Certes, ne pratiquons pas la politique de l?autruche, vins, whiskys, spiritueux? les boissons alcoolisées ont une place privilégiée au c?ur de notre société. Plus qu?un phénomène de mode, c?est même toute une tradition. Impossible pour beaucoup d?imaginer une fête familiale ou une réception sans une bonne bouteille pour mettre l?humeur en verve, sans le fameux toast. Prendre un verre avec des amis en fin de semaine est devenu un rituel pour beaucoup de jeunes professionnels. C?est pour eux, synonyme de moment de détente et de franche rigolade.

Le phénomène Happy Hours ne ment pas, il gagne de plus en plus d?hôtels et de restaurants. Il donne lieu à des amitiés, des amours le vendredi soir. Pour la petite histoire, les Happy Hours ont fait leur début à Maurice au Labourdonnais Waterfront Hotel. Se basant sur une idée qui fait fureur dans les pays anglo-saxons, l?hôtel décide de proposer des boissons à moitié prix aux clients les vendredis soirs.

Très vite, le phénomène prend de l?ampleur. Aujourd?hui, deux clientèles se démarquent au niveau des hôtels du Caudan. Les jeunes cadres qui viennent de débuter dans le monde du travail se retrouvent dans le décor plus « in » du Suffren. Les exécutifs qui préfèrent le cadre « jazzy », se rendent au Labourdonnais pour siroter leur cognac. Le point commun : passer un moment ensemble autour d?un verre pour allonger la journée de travail ou pour se détendre entre amis et collègues.

Une question de goût

Ces rencontres ne sont pourtant pas des prétextes pour se prendre une gueule de bois. « Lorsque nos clients viennent, ce n?est pas pour abuser de l?alcool. Cela reste pour eux un moment de détente. Ils sont dans un cadre qui ne favorise pas une surconsommation. Ils sont entre collègues et doivent donc garder une certaine image », explique Stéphanie de Froberville, Sales Manager au Labourdonnais Waterfront Hotel.

Même discours au chapitre des soirées de dégustation de vin. Ne pas se soûler, opter pour la modération et surtout développer un savoir dans l?art du vin sont les raisons derrière les nombreuses dégustations qui sont aujourd?hui organisées. Ram Pareeatumbee, vrai connaisseur dans cette matière, se dévoue à faire l?éducation des Mauriciens en matière de vins. C?est à l?école hôtelière d?Ebène qu?il donne des cours sur l?initiation et la dégustation de vins.

« Ces cours n?ont pas pour but d?encourager la consommation d?alcool, mais ont bien un aspect pédagogique. Nous voulons offrir la chance aux amoureux de vins de se cultiver. C?est un domaine très vaste. Le vin n?est pas une quelconque boisson alcoolisée. »

Jean-Michel Rouillard de chez IBL Consumer Goods note, tout comme Ram Pareeatumbee, qu?il y a un intérêt grandissant pour le vin. « De plus en plus d?amateurs se laissent séduire. À Maurice, nous constatons qu?il y a une nette préférence pour le rouge et le rosé et à un degré moindre pour le blanc. Ceci s?explique sûrement par la nourriture épicée que nous consommons. Les Mauriciens préfèrent les goûts plus forts. »

Par ailleurs, choisir une boisson est avant toute chose une question de goût. Les uns préfèrent le goût malté et l?amertume de la bière alors que d?autres ne jurent que par leur whisky « on the rocks ».

Les observateurs notent une certaine évolution dans le mode de consommation des Mauriciens. Selon Stéphanie de Froberville, la bière reste le classique. « Mais nous notons néanmoins certains changements dans les habitudes des clients. Quand nous leur proposons des nouveautés, ils sont curieux d?en savoir plus et cela surtout parmi les jeunes cadres. »

Il faut dire que les boissons sont accompagnées de tout un code social. Choisir un alcool et une marque bien précise implique une véritable démarche, consciente ou inconsciente. Pour le sociologue Ibrahim Koodoruth : « On n?achète pas une boisson au hasard. Il y a le statut social qui d?une façon ou d?une autre guide notre choix. Pour certains, il ne s?agit pas que de boire. Il y a un message derrière. » Nul doute, avaler un grog à la petite boutique du coin et savourer un cocktail frappé ne relève pas d?un même rituel.

Une accoutumance progressive

Qui plus est, plus qu?une fête pour les papilles, les boissons font aussi appel à nos autres sens. Faites un tour du côté des boissons alcoolisées dans les supermarchés. D?abord, il y a tout un décor de vigne, de fût, de sensation de campagne pour vous mettre dans l?ambiance du vin. Pour ce qui est des bouteilles, on peut dire que leurs concepteurs rivalisent d?imagination. Les formes, les couleurs, les étiquettes, tout est fait pour attirer le regard et éveiller la curiosité.

Attention, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin ! Comme pour toutes choses, il y a des limites à ne pas dépasser. Le danger est bien là, surtout pour les jeunes. Le psychiatre Parmanum Jagarnath nous prévient. L?accoutu-mance se fait progressivement mais facilement. « Des excès chaque week-end sont déjà un signe inquiétant. Avec le temps, le seuil de tolérance augmente. Le cerveau en a de plus en plus besoin et le consommateur a alors besoin d?une plus grande quantité pour ressentir les mêmes effets. » Quand on arrive à ce stade, le comportement de la personne est vite affecté et la descente en enfer est imminente.

Et si d?aventure, vous croyez dans les vieux « remèdes » comme boire du café, de l?eau ou prendre une douche après une bonne cuvée, vous pouvez toujours essayer. Ce n?est pas sûr que cela marche vraiment. Pour reprendre une campagne lancée en France il y a quelques années, « la modération a meilleur goût ». Alors, ne forcez pas sur la bouteille !

Sandrine AH-CHOON

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