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La vraie fausse vie sexuelle de Harry Potter
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La vraie fausse vie sexuelle de Harry Potter
Les fans de Harry Potter vont hurler au scandale. Sur le web, certains malins s?amusent à décliner les aventures du jeune sorcier sur un mode plutôt coquin. En effet, sur huit cents sites recensés, une centaine montre Harry Potter et ses amis engagés dans des activités très différentes de celles imaginées par J.K. Rowling.
Ceci ressemble à une mauvaise plaisanterie qui n?est pas du goût des responsables de l?empire Harry Potter. Que faire de ces versions perverses? Trois mots les font trembler : Harry Potter porn.
Une menace pour cet empire alors que Harry Potter and The Order of The Phoenix est devenu un best-seller. Ces versions coquines sont produites par et destinées à un public jeune et féminin, elles appartiennent surtout à un phénomène américain appelé slash fiction.
Le terme slash fait référence à des histoires imaginées par des fans associant des héros, par exemple Capitaine Kirk et Spock. Le jeune sorcier n?échappe pas à ce phénomène. On peut trouver sur internet, des histoires tout à fait fictives- racontant des relations homosexuelles entre Harry Potter et son ennemi juré, Draco Malfoy. Un scénario posté par une étudiante singapourienne sur son site, Magical Intrigue. Sur d?autres sites, l?on trouve aussi des dessins équivoques avec les principaux personnages du livre. Les concepteurs de ces sites prennent, cependant, la précaution, d?en interdire l?accès aux plus jeunes. Ces slashers imaginent surtout des scénarios avec des personnages ayant vieilli, loin des onze ans de Harry Potter au début de ses aventures.
Experience romantique
Toutes ces précautions n?atténuent en rien la colère de Warner Bros. Le studio a déjà pesté contre ceux qui utilisent illégalement la franchise Harry Potter sur internet. Deux ans avant la sortie du premier film, Warner Bros avait exigé que la fermeture des sites de fans aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Cette décision s?était avérée impopulaire. Aujourd?hui, face à cette dérive, Warner Bros n?entend pas rester les bras croisés. «C?est notre obligation légale et morale de protéger l?intégrité de nos propriétés intellectuelles. C?est surtout vrai dans le cas d?attaques indécentes sur des icônes préférées des enfants.» Warner Bros a tous les droits de poursuivre ces slashers. Les avocats américains se souviennent d?un procès intenté par les Dallas Cowboys afin de bloquer la sortie d?un film pornographique qui montrait de faux employés de Coca-Cola. Sur l?affiche du film, le logo de la célèbre boisson gazeuse avait été détourné pour devenir Enjoy Cocaïne.
Certains slashers refusent cependant que leurs histoires soient associées à de la pornographie. «Je le prendrais très mal parce que ce serait une insulte, car je suis un auteur, la plupart de mes histoires sont soft. S?il y a du sexe, cela fait partie du scénario, le sexe n?est pas le scénario, se défend Rhysenn, une prolifique slasher. Elle a déjà rédigé plus d?une vingtaine de Harry Potter slash. «La pornographie est vulgaire. Le slash traite des personnages et de romance.» souligne-t-elle.
Selon un chercheur, le slash plaît aux jeunes femmes parce qu?il leur permet de vivre des expériences romantiques dans des univers mythologiques loin du monde réel, souvent effrayant. C?est le cas d?Acassha, une Harry Potter slasher, habitant le sud de l?Angleterre, qui écrit sur les relations homosexuelles des personnages. «Certaines de mes amies pensent qu?il s?agit de porno au féminin, d?autres que c?est un moyen de contrôler les hommes. Je crois surtout que c?est assez pénible de lire sur des relations sexuelles entre hommes et femmes.» Peu importe ces raisons, il est clair que Warner Bros, l?éditeur américain Scholastic ou l?auteur J.K. Rowling aient de la sympathie pour ces fans qui écrivent sur la vie sexuelle de jeunes sorciers.
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