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La vente des boissons gazeuses interdite à l?école en 2007

11 décembre 2006, 00:00

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Pas question de compromis. Au vu de la prévalence du diabète et de ses complications au sein de la population, la décision d?interdire la vente de boissons gazeuses dans les écoles se précise. Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, ne transigera pas sur ce dossier. Celui-ci sera bientôt soumis au cabinet pour être avalisé. Un comité technique finalise ses recommandations à être soumises au ministère de la Santé cette semaine.

Cette mesure touchera quelque 236 000 enfants, à la fois du primaire et du secondaire. Les médecins, les nutritionnistes, de même que les autorités sont convaincus que c?est là un moyen de combattre ces maladies qui font de plus en plus de ravages à Maurice ? 20 % de la population de plus de trente ans est diabétique.

?Nous allons appliquer cette mesure au plus tôt au premier trimestre de l?année prochaine. Un comité technique finalise ses implications. Cette mesure consistant à inculquer de bonnes habitudes alimentaires aux petits est essentielle. 50 % des enfants sont obèses. Quand on sait que l?obésité est un des facteurs de risque importants pour le diabète, l?hypertension et les maladies cardio-vasculaires, il faut agir?, affirme Satish Faugoo. En France, les distributeurs de friandises et de boissons gazeuses sont bannis depuis un an.

Le nutritionniste en chef du ministère de la Santé, Shashi Joganah, explique du reste qu?un litre de boisson gazeuse contient 10 à 11 cuillerées de sucre. Sans compter, ajoute-t-elle, que les calories contenues dans ces boissons n?apportent rien sur le plan nutritionnel. D?où la nécessité, de trouver des substituts pour se désaltérer, qu?il s?agisse de jus de fruits ou d?eau.

?Il faut encore que ce soit des jus de fruits naturels et pas ceux vendus comme des fruits drinks qui ont un taux de sucre élevé. Les boissons gazeuses sont composées d?un taux anormal de sucre et ce n?est pas la peine de les remplacer par d?autres produits très sucrés, même s?ils sont fruités?, précise-t-elle. Elle est convaincue qu?elle peut venir à bout des mauvaises habitudes alimentaires des enfants car à cet âge, ils sont normalement plus réceptifs à ce genre de messages.

Shashi Joganah de soutenir que la mesure sera également accompagnée d?une très vaste campagne de sensibilisation pour expliquer aux enfants les méfaits de ces boissons. ?Pas seulement à cause du diabète, qui d?ailleurs atteint aussi beaucoup d?enfants, mais également pour les caries. C?est à éviter si on veut protéger ses dents.?

<B>?Des alternatives abordables?

La Mauritius Heart Network, qui fait un vaste travail de prévention, contre le diabète, l?hypertension et les maladies cardio-vasculaires, se réjouit de cette décision d?interdire la vente de sodas dans les établissements scolaires. Son président, le Dr Oomar Uteem, soutient que ?c?est ce que n?ont cessé de réclamer les médecins lors de différents colloques. Nos messages à l?adulte ne serviront à rien si l?enfant qu?il a été n?a pas été sensibilisé dès son plus jeune âge à ces questions. Cette mesure ne peut qu?être favorable dans une nation reconnue comme étant celle qui bat les records sur le plan du diabète.?

Le cardiologue se demande toutefois quelles sont les solutions qui seront proposées. De la même façon, Maowtee, une mère de deux enfants de 10 ans et 7 ans, s?interroge : ?Encore faut-il que les prix des jus de fruits soient abordables. Nous sommes conscients que cette mesure ne peut qu?être dans l?intérêt de l?enfant et d?ailleurs c?est un moyen pour encourager les parents d?aller dans le même sens.?

Le Dr Oomar Uteem souhaite que les autorités aillent encore plus loin et prennent la décision, comme cela s?est fait à l?étranger, de ?bannir les friandises en sachets et autres fritures vendues dans les écoles. Cela fait un tort immense à leur taux de cholestérol.?

Dans le même ordre d?idées, il faut savoir que New York a limité les acides gras dans ses restaurants. Ceux connus comme les acides gras trans se retrouvent, par des procédés industriels, dans les biscuits, les plats préparés, et les fast-foods. La mairie de New York souhaite limiter l?utilisation de cet ingrédient à 0, 5 g par assiette.

<B>Prévenir les abus</B>

?Si les New-Yorkais remplaçaient toutes leurs sources d?acides gras trans, au moins 500 morts par maladie cardiaque seraient évitées chaque année à New York?, a estimé récemment le Dr Walter Willett, directeur du département Nutrition de la Harvard School of Public Health.

De même, des enseignes renommées de fast-food de certains pays remplacent les boissons gazeuses par des jus de fruits dans le pack meal pour enfants. Ils ont aussi trouvé une alternative aux chips en les remplaçant par les salades ou autres préparations plus saines à base de la pomme de terre.

Toujours dans le but d?instaurer de bonnes pratiques alimentaires, plusieurs amendements sont aussi prévus au Food Act. Ceux-ci qui font l?objet d?examen en ce moment, viseraient à prévenir les abus, en matière d?importation ou de vente de produits alimentaires, selon le Dr Suresh Munbodh, du ministère de la Santé.

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