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La vengeance d?une épouse délaissée

8 avril 2007, 00:00

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Elle voulait se venger de l?infidélité de son époux. Elle n?aurait rien trouvé de mieux que de commanditer le viol de sa rivale. Salima Sahubun, 39 ans, aurait « embauché » deux individus pour commettre cet acte, pensant ainsi donner une « leçon » à cette dernière. Mais la commanditaire a été trahi par l?un de ses hommes de main, qui a prononcé son prénom devant la victime.

Cette cuisinière, employée dans une pâtisserie à Curepipe, a été arrêtée jeudi matin par la Criminal Investigation Division (CID) sur son lieu de travail. Ce viol, confient certains enquêteurs, est d?autant plus « choquant » qu?il aurait été commandité par une femme. « Elle aurait eu recours à cet acte par jalousie. On peut cependant difficilement comprendre qu?une femme puisse faire payer des gens en faisant subir une telle chose à une autre femme », laissent-ils entendre. Salima soupçonnait la victime d?entretenir une relation extraconjugale avec son époux. Elle aurait donc choisi de se venger.

<B>« To pe gard mari Salima twa »

Le viol a été commis peu après 9 heures mardi. La victime, une enseignante, sort de chez elle lorsqu?elle est prise à partie par deux individus. Ceux-ci l?entraînent aussitôt de force à l?intérieur de la maison, avant de la rouer de coups.

Elle expliquera plus tard aux policiers avoir été emmenée de force dans une des chambres de la maison pour y être violée à plusieurs reprises. Pendant que l?un des malfaiteurs abusait d?elle, son complice aurait filmé toute la scène avec son téléphone portable. L?un d?eux lui aurait lancé : « To pe gard mari Salima twa. »

L?amant en question ne serait autre que le cousin de son époux. Les agresseurs ont, par la suite, pris la fuite, abandonnant l?enseignante, choquée, sur le lit.

La jeune femme trouve tout de même la force de se diriger vers le téléphone et d?avertir ses proches qui arrivent sur place quelques instants plus tard. Elle est transportée d?urgence à l?hôpital Candos où elle reçoit des soins.

C?est accompagnée de ses proches qu?elle se rend, en début d?après-midi, au poste de police de Rose-Hill pour y consigner une déposition. Elle y relate en détail les événements de la journée, sans omettre le prénom que ses agresseurs avaient mentionné un peu plus tôt.

C?est sur la base de ces informations que les enquêteurs sont parvenus à retracer la commanditaire présumée de cette agression et à procéder à son arrestation le lendemain matin. La victime a, par la suite, été examinée le jour même par les docteurs Satish Boolell, médecin légiste et Sheila Mudhoo, stagiaire. L?enseignante a, par ailleurs, participé à une reconstitution des faits.

<B>« Profondément choqués »

Quant à Salima Sahubun, elle a, lors de son interrogatoire, nié avoir commandité cette agression. Elle a été traduite au tribunal de Rose-Hill, jeudi, sous une accusation provisoire de complot. Elle comparaîtra de nouveau le 12 avril prochain. Les deux agresseurs sont, quant à eux, toujours recherchés par la police.

« Les deux couples ne se fréquentaient pas souvent mais avaient de bonnes relations. Personne n?aurait osé penser qu?une telle chose puisse se produire », laisse entendre un proche de la famille. Et d?ajouter : « Personne ne semblait en tout cas au courant d?une quelconque animosité entre les deux femmes. Nous avons été profondément choqués par ce qui s?est passé. »

L?époux de Salima a également été interrogé par la police dans le cadre de cette affaire. Il a catégoriquement nié entretenir une relation amoureuse avec la victime et a assuré ne pas savoir ce qui aurait pu pousser son épouse à croire une telle chose. L?enseignante, traumatisée, a, depuis, été autorisée à quitter l?hôpital.

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