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La torture bafoue la dignité humaine

1 février 2007, 00:00

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?La danse de kilalaky fait peur aux personnes sous interrogatoire?. Cette expression a trait à la façon dont certains enquêteurs procèdent pour extorquer des aveux à un délinquant. Le procédé consiste à le plonger dans un bassin rempli d?eau et dans lequel un courant électrique passe.

Ce n?est qu?un exemple de tortures, parmi d?autres, c?est-à-dire ce que les présumés grands malfaiteurs subissent pendant leurs enquêtes. Parfois aussi, des employeurs dans une administration frappent leurs employés, ou encore des enseignants portent la main sur leurs élèves.

Tout cela se rapporte à la définition du mot torture. En effet, selon les termes de l?article premier de la Convention des Nations unies en la matière, sont qualifiés de tortures tous les actes perpétrés par des agents de l?administration, créant la souffrance morale ou physique et dans le but d?extorquer des aveux.

Violences physiques ou morales gratuites

Pour Madagascar, ?ils sont souvent commis lors d?enquêtes policières ou de gendarmerie. Surtout, si les enquêteurs veulent soutirer les aveux de bandits notoires. Mais de telles méthodes ne s?avèrent pas toujours efficaces?, précise Me Maria Raharinarivonirina, présidente de l?association chrétienne pour l?abolition des actes de torture, de traitement cruel, inhumain et dégradant (ACAT).

Selon elle, la majorité des Malgaches ignorent que les actes de torture sont interdits. D?autant que les résultats espérés par ceux qui les pratiquent restent modestes. Ainsi, certaines personnes se rétractent par la suite devant les tribunaux ou les parquets. C?est dire qu?il existe quelque part des violences physiques ou morales gratuites, au bout du compte. à Toliara, 75 % des acquittements sont enregistrés dans les cours criminelles, surtout pour les prévenus détenus trop longtemps.

?Le cas est similaire dans toute la Grande île. En fait, les agents de police peuvent recourir à d?autres procédés, qu?à des actes de torture, pour mener leurs enquêtes?, soulève Me Maria Raharinarivonirina. à la tête de l?association ACAT, elle compte restaurer la dignité humaine à Madagascar.

?Notre plus grande arme est la Convention des Nations unies contre la torture. Madagascar se doit de s?y plier. D?ailleurs, un mécanisme de contrôle et de suivi sera mis en place par et pour les observateurs internationaux?, précise-t-elle. La rédaction du rapport initial, puis périodique, ainsi que la ratification du protocole facultatif, suivra le processus initié.

?Nous espérons surtout que la situation s?améliorera, notamment dans les administrations publiques. Cela ne plaît pas sans doute à l?esprit de voir comment un agent de police vous reçoit à son bureau. J?imagine déjà comment les délinquants peuvent être accueillis?, explique une étudiante en sociologie, intéressée par le sujet de la torture.

?Une certaine agressivité nécessaire?

D?autres personnes ne donnent pas tort aux policiers qui, selon elles, font leur travail. ?Les bandits doivent recevoir les peines qu?ils méritent. Une certaine agressivité s?avère nécessaire à leur encontre?, rétorque un père de famille, victime d?une attaque à main armée chez lui.

à Madagascar, la punition semble idoine pour les hors-la-loi. ?Comment voulez-vous que des agents de police, manquant de matériels et d?équipements suffisants, puissent accomplir leurs tâches avec succès sans recourir à des actes de torture?? se demande-t-il.

Les chemins restent longs pour l?ACAT et ses partenaires. Mais ils ne veulent pas reculer devant les obstacles et les préjugés.

L?express de Madagascar

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