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la Tendance est à l?optimisme

31 janvier 2004, 20:00

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La grande messe trimestrielle du gouvernement et du secteur privé est venue confirmer une chose : l?économie mauricienne devrait mieux se porter en 2004. Gilbert Espitalier Noël, président du Joint Economic Council (JEC) donne le ton : « nous ne sommes pas euphoriques mais il y a des signes qui nous permettent de regarder vers l?avenir avec un peu plus de sérénité. » Paul Bérenger abonde dans le même sens, il parle « d?optimisme prudent. »

Les raisons d?espérer sont bien présentes en ce début d?année. Paul Bérenger les énumère : une meilleure conjoncture mondiale, la fin des restructurations dans certains secteurs clé de l?économie (agriculture, textile), la disparition des effets de la crise à Madagascar, l?intérêt bancaire en baisse ou encore l?accélération des procédures administratives.

Déficit budgétaire chronique

Tous ces facteurs prêtent à l?optisme et donnent de l?espoir au Premier ministre. Il entrevoit une croissance économique de 5 % à 6 %, même 7 % peut-être, « si la production sucrière s?améliore et si les pertes d?emplois dans la zone Franche peuvent être empêchées. » Le secteur privé ne pouvait avoir un avis divergent. Gilbert Espitalier Noël reprend les mêmes raisons pour expliquer pourquoi les entreprises pourraient retrouver le sourire en 2004.

Mais tout n?est pas nécessairement rose. Le déficit budgétaire est maintenant chronique à Maurice. Paul Bérenger concède volontiers qu?un déficit de 5,5 % sur le prochain budget de l?Etat inquiète toujours le gouvernement. Le taux d?investissement relativement bas, à 22,7 %, le pousse même à demander au secteur privé de se ressaisir. Gilbert Espitalier Noël répond, pour sa part, qu?empêtré dans ses problèmes de restructuration, d?endettement et à cause de la conjoncture mondiale et régionale défavorable, le secteur privé ne pouvait que freiner l?investissement. « Tous ces éléments se sont renversés » observe le président du JEC. Ce qui augure peut être un taux à la hausse pour 2004.

L?optimisme ambiant gagne même le textile, considéré par certains comme le grand malade de l?économie mauricienne. « Il y a un changement de mood complet » constate Paul Bérenger. Avec l?entrée en opération de la Textile Emergency Support Team et un début de solution au problème d?endettement des entreprises textiles, l?avenir semble moins compromis de l?avis de la Mauritius Export Processing Zone Association.

Alors que le textile recommence à susciter un certain espoir, le tourisme suscite toujours autant d?intérêt. Une importante partie des discussions a été consacrée à ce secteur hier. A ce chapitre, Gilbert Espitalier Noël explique que les 2000 lits additionnels qui seront disponibles dans nos hôtels resteront vides, faute de clients. C?est donc la politique d?accès aérien qui demande à être revue. Air Mauritius ou d?autres compagnies aériennes vont devoir transporter davantage de touristes.

« Pas question de vols charters », prévient Paul Bérenger. Il faut revoir la politique d?accès « tout en tenant compte des intérêts d?Air Mauritius », concède Espitalier Noël. Le gouvernement est prévenu. Le secteur privé et l?organe de promotion du tourisme devront se concerter et « se focaliser sur des marchés émergeants : Italie, Angleterre ou Allemagne », explique Gilbert Espitalier Noël.

Par ailleurs, la rencontre a aussi permis au gouvernement et au secteur privé de comparer leurs points de vue sur plusieurs sujets. La défense des intérêts commerciaux de Maurice aux Etats-Unis, à l?Union Européenne et à l?OMC restent plus que jamais d?actualité. Le travail se fait, à la satisfaction commune du gouvernement et du secteur privé.

Suivi sur le Seafood Hub

Gouvernement et secteur privé ont un avis identique sur les secteurs d?activité émergeants. Les Technologies de l?Information et de la Communication (TIC) demeurent un secteur porteur. Le JEC admet que ce secteur ne décollera pas du jour au lendemain alors que Bérenger indique que la Cybertour connaîtra un taux de remplissage honorable à son lancement vers avril.

Lancés lors de la dernière réunion du gouvernement et du secteur privé en octobre, les concepts de Seafood Hub et d?Industrie de l?Environnement poursuivent leur parcours. Dès demain, Paul Bérenger présidera un comité sur le Seafood hub. Un rapport conjoint gouvernement - secteur privé sur l?industrie de l?environnement devrait être rendu prochainement.

Cette réunion n?est pas vraiment différente des précédentes. Encore une fois, gouvernement et secteur privé ont pu constater à quel point leurs positions se rejoignent. Les deux parties auront l?occasion de refaire ce constat très vite. Il a été convenu que la réunion aura lieu tous les deux mois. Histoire de se rassurer à intervalle régulier.

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