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La STC paie une note salée pour son ciment
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La STC paie une note salée pour son ciment
Elle a voulu réaliser un coup de poker, mais cela ressemble plutôt à un coup d?épée dans l?eau. La State Trading Corporation (STC), qui a importé 20 000 tonnes de ciment à son compte, a essuyé bien des déboires avant de pouvoir faire décharger et stocker la marchandise. Et c?est sans compter les frais encourus : Rs 110 millions, soit Rs 10 millions payées au navire pour le retard dans le déchargement et la somme que réclamaient Holcim et Lafarge, les deux cimenteries, qui invoquaient un manque à gagner de Rs 100 millions encouru sur leurs importations pour la période 2005-2006.
A l?origine de cet imbroglio : un mauvais calcul de la STC, qui aurait, selon des informations disponibles dans le secteur portuaire et les milieux proches de l?Hôtel du gouvernement, voulu briser le ?cartel? des deux cimenteries, Lafarge (Baobab) et Holcim (Kolos) dans le business du ciment.
Invité à commenter la décision de la STC d?importer du ciment en vrac et ses retombées financières, Ranjitsingh Samooroah, son directeur, s?est montré avare de commentaires. ?Je ne compte pas faire de commentaires à ce sujet. Je suis très pris en ce moment. Je suis disponible en jour de semaine?, devait-il lâcher.
Pour rappel, les deux cimenteries avaient menacé de cesser toute importation si le gouvernement ne leur accordait pas une augmentation de prix. Ils estimaient qu?ils avaient vendu le ciment en dessous des prix affichés sur le marché mondial et chiffraient leurs pertes sur l?importation en 2005-2006 à Rs 100 m. Le gouvernement ne leur avait pas accordé le quantum qu?ils avaient exigé.
Dans la foulée, la STC décide unilatéralement d?importer 20 000 tonnes de ciment en vrac pour éviter d?avoir à ?négocier? avec les deux opérateurs et pour prévenir toute pénurie. Un membre de l?exécutif du PTr et un commerçant de la capitale proche du gouvernement auraient, selon certaines informations, convaincu le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, qu?il est possible d?importer du ciment auprès d?autres fournisseurs et à moins cher.
Mais dans la pratique, les choses se révèlent moins simples. En effet, le 13 février un navire avec 20 000 tonnes de ciment arrive au large de Port-Louis. La STC essaie de vendre à Lafarge et Holcim ce ciment au prix affiché sur le marché mondial. Les deux opérateurs refusent car ils ont des stocks suffisants dans leurs silos, disent-ils.
<B>Problème technique</B>
Pendant que le vraquier attend au large de Port-Louis, les négociations commencent. Lafarge et Holcim exigent que le gouvernement leur rembourse les pertes encourues en 2005-2006 sur l?achat du ciment après la dépréciation de la roupie par rapport au dollar américain Aucun accord n?est conclu. Les deux parties campent sur leur position. Entre-temps le cyclone Gamede s?approche de Maurice. On est le 22 février. Le navire avec ses 20 000 tonnes de ciment est contraint de délaisser la zone portuaire.
Ce n?est que vers le 27 février que les navires peuvent accoster à nouveau. Le vraquier est de ceux-là. Mais survient un problème technique : la cargaison ne pourrait pas être débarquée, même si les silos de Lafarge et de Holcim étaient disponibles.
Le temps joue contre la STC. Holcim et Lafarge tiennent la corde raide face aux autorités, mais après d?âpres négociations, un accord est trouvé le ministère du Commerce et de l?industrie accepte de rembourser le manque à gagner de Rs 100 millions encouru par Lafarge et Holcim.
Le problème technique résolu à bord du vraquier, la cargaison de ciment est déchargée le 4 mars, soit après 19 jours d?attente. Un retard qui viendra alourdir la note de la STC. Selon des chiffres obtenus des milieux proches du secteur portuaire, la STC doit alors payer la bagatelle de Rs 10 millions à l?agent maritime. Une somme qu?elle compte contester, arguant que les problèmes encourus par le vraquier ne sont pas étrangers au retard dans le déchargement de la marchandise. Ce que réfute l?agent maritime : les silos n?étaient pas disponibles, maintient-il.
Au final, la STC aura payé Rs 110 millions. Or la cargaison de ciment écoulé est évaluée à Rs 40 millions. Le jeu en valait-il la chandelle, se demande-t-on, dans les milieux portuaires.
Chez Holcim et Lafarge on se frotte les mains. Ils ont confirmé à l?express ?avoir enfin obtenu totale satisfaction auprès des autorités sur la compensation à nous être versée à la suite de la dépréciation de la roupie par rapport à nos importations?.
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