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La réforme des institutions sucrières en suspens
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La réforme des institutions sucrières en suspens
La réforme des institutions qui soutiennent le secteur sucre telle que proposée par KMPG fait des vagues. La direction de ces institutions et leurs employés ont formulé de vives protestations face aux recommandations du rapport de ce cabinet de consultants sur l?opportunité de réviser le cess, le prélèvement sur les revenus sucriers des planteurs. Un front réunissant les employés en question a été constitué pour amener KPMG à revoir sa copie.
Ce prélèvement sert à financer les opérations de huit institutions de services du secteur sucre. Mais avec la baisse de prix, le montant du prélèvement devrait être affecté. Pour cette raison, KPMG avait, entre autres, recommandé la fusion de certaines institutions, la fermeture d?autres, et aussi une retraite prématurée un Early Retirement Scheme des employés ou leur redéploiement. Avec la réforme proposée de ces institutions, le nombre d?employés allait être ramené de 1 123 à 587.
Le front constitué comprend les syndicats des employés de la Mauritius Sugar Authority, du Cane Planters and Millers Arbitration and Control Board, du Mauritius Sugar Industry Research Institute, de la Mauritius Sugar Terminal Corporation, de la Sugar Planters Mechanical Pool Corporation, de la Farmers Service Corporation.
Lors d?une réunion samedi avec le ministre de l?Agro-industrie, les syndicats concernés ont exprimé leurs opinions. Des présidents de ces institutions et leurs chief executive officers y étaient également présents.
<B>?Le rapport doit être revu?
?Nous avons créé le front pour sauvegarder les intérêts des travailleurs. Nous ne pensons pas que le nombre de planteurs interrogés par KPMG est assez représentatif. Il y a d?autres principaux partenaires, tels que les syndicats, qui n?ont pas été consultés. Les travailleurs du secteur se sont donnés corps et âme pour le développement de cette industrie?, dit Rajesh Narain Gutteea, porte-parole du front.
A son avis, le rapport contient de nombreuses ?allégations non fondées?, des ?manquements? et des ?inexactitudes?. ?Pour toutes ces raisons, dit-il, nous sommes tombés d?accord que le rapport doit être revu et que tous les partenaires, syndicats compris, doivent être consultés avant que le rapport final ne soit rédigé. Mais il faut avant tout que KPMG se familiarise davantage aux rouages de ces institutions.?
Rajesh Narain Gutteea consent que des problèmes existent dans l?industrie sucrière, surtout avec la baisse du prix du sucre de 36 % prévue en 2009 et son impact sur le cess.
Quant au plan de retraite prématurée proposé par KPMG et le redéploiement des employés, Rajesh Narain Gutteea explique que les syndicats concernés ?vont discuter avec le ministre Arvin Boolell en vue de trouver un accord et un modus operandi sur la restructuration des institutions sucrières concernées?.
Quelques années de cela, une Task Force avait été instituée par le gouvernement pour se pencher sur la nécessité de restructurer ces mêmes institutions. Mais le rapport de ce comité, présidé alors par Jean-Claude Hoareau, haut cadre de l?industrie sucrière, n?a jamais été appliqué.
?C?était un rapport qui contenait des recommandations qui pouvaient être appliquées même s?il y avait des points sur lesquels nous, en tant que syndicats, n?étions pas d?accord. Mais nous ne sommes pas du tout d?accord avec les recommandations du rapport de KPMG?, fait ressortir Rajesh Narain Gutteea.
Dans les milieux de KPMG, on avance que le rapport est encore au stade d?ébauche et n?a pas encore été finalisé. KPMG compte rencontrer, à partir de la semaine prochaine, des syndicats et la direction des institutions.
Par contre, les planteurs qui ont été interrogés par KPMG ont exprimé leur mécontentement au sujet du financement de ces institutions à partir du cess. Leur mécontentement : les gaspillages, les coûts d?opération élevés, les heures supplémentaires et ?l?inefficacité? de ces institutions. ?Certaines agences doivent disparaître et d?autres doivent fusionner pour réaliser des économies d?échelle. Il y a des institutions qui ne font pas une utilisation judicieuse de l?argent du cess. La Mauritius Sugar Authority doit être revue de fond en comble car elle n?a pas été à la hauteur des attentes des petits planteurs?, soutient Salil Roy, président de la Planters Reform Association. Selon celui-ci, cette organisation a failli dans son rôle de chien de garde de l?industrie sucrière. ?La MSA est devenue un fardeau pour les petits planteurs?, ajoute-t-il.
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