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La récolte de canne à sucre ne dépassera pas 550 000T

3 juin 2005, 20:00

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Les stridentes sirènes des sucreries Mon-Trésor et Savannah annonceront mercredi matin le démarrage de la coupe 2005. A la fin des six mois de broyage, les usines auront produit 550 000 tonnes de sucre, selon une première estimation officielle émise par la Chambre de l?agriculture.

La production sera inférieure de 4 %, relativement à la précédente récolte, qui s?est élevée à 572 316 tonnes. «Cette estimation est basée sur l?usinage de quelque 5,1 millions de tonnes de cannes avec un taux d?extraction moyen de 10,8 %», explique la Chambre d?agriculture, à l?issue d?une réunion du crop estimate coordinating committee, hier après-midi.

Cette estimation initiale découle des observations recueillies par le Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI), les établissements sucriers, la Farmers? Service Corporation, le Sugar Insurance Fund Board, la Mauritius Sugar Authority et le ministère de l?Agriculture au 31 mai. La production finale sera toutefois tributaire des conditions climatiques qui prévaudront jusqu?à la fin de la récolte.

A l?hectare, le rendement atteindrait les 74,2 tonnes de cannes, un chiffre supérieur à la moyenne des dix dernières années (72,2 tonnes) mais inférieur au rendement de 75,8 tonnes obtenues l?annéedernière.

L?avenir se décide

Contre une production inférieure en tonnes de cannes, le salut se situe au niveau du taux d?extraction. Il est presque identique (10,8 %) à celui de 2004 soit (10,85 %) et supérieur à la moyenne des dix dernières années (10,71 %). Selon le MSIRI, la teneur en sucrose est relativement élevée. Cette accumulation améliorée résulte d?un lent taux de croissance et du temps sec ayant prévalu en avril et mai.

Mais les chiffres communiqués hier démontrent, pour la énième fois, la vulnérabilité de notre canne face aux intempéries. Au début de l?année, l?industrie sucrière se réjouissait à l?idée d?une bonne coupe 2005, tant la canne dans les champs était impressionnante. Toutes les conditions étaient réunies, notamment un climat propice pour sa croissance.

Arrivé mars, usiniers, planteurs et laboureurs ont déchanté. Alors que la canne entamait sa phase cruciale de croissance, des averses, suivies par la tempête tropicale Hennie et des précipitations ayant prévalu en mars ont entraîné une accumulation d?eau dans diverses zones. Couplé à cette pluviométrie supérieure de 300 % à la normale, le manque d?ensoleillement a influé négativement sur la pousse. Dans le Nord, le climat sec d?avril et de mai «a été particulièrement défavorable à la croissance », fait ressortir la Chambre d?agriculture.

En effet, la pluviométrie enregistrée pour le mois de mai a été déficitaire de 17 % pour l?ensemble des champs de cannes (140 mm contre la moyenne de 168 mm). Les régions les plus affectées par ce manque de pluie sont l?ouest, le centre, le sud et le nord. A l?Est, elle a été normale.

D?ailleurs, le bulletin mensuel du MSIRI, en date d?hier, indique que la hauteur de la canne est légèrement inférieure à la période correspondante en 2004. «Aucune croissance additionnelle n?est attendue avec les conditions hivernales qui s?installent, soit un temps sec et froid», souligne l?institut de recherche, en précisant que les champs sous irrigation dans l?ouest, le nord et les basses régions à l?est et au sud feront exception.

Au 31 mai, la canne dans les champs du sud dominait celle des autres régions, avec une hauteur de quelque 190 centimètres, contre 189 cm dans l?Ouest, 177 cm à l?Est, 165 cm au Nord et 162 cm au Centre. Toutefois, le MSIRI précise qu?à l?Ouest uniquement la hauteur est supérieure à la moyenne.

Jamais une coupe n?a eu un arrière-goût aussi amer que celle-ci. Ce mois-ci, quand les coupeurs de cannes activeront leurs pangas dans les champs, quand les camions aux bennes chargées fileront vers les usines, dans les bureaux feutrés tant à Port-Louis qu?à Bruxelles se décidera l?avenir de l?industrie sucrière. Car c?est le 22 juin, deux semaines après le démarrage de la coupe, que la Commission européenne indiquera officiellement le quantum de la baisse du prix garanti du sucre des pays ACP, une chute fatale qui serait de 42 %.

Coïncidence inouïe. La veille du démarrage de cette coupe, la représentante de l?Union européenne, Florence Van Houtte, se met à table avec les autorités locales pour une discussion technique sur les répercussions de la réforme européenne sur l?industrie locale. Et quand la dernière des 11 usines cessera de tourner, fin novembre, Maurice, principale exportatrice de sucre ACP vers l?Europe, aura les réponses à toutes ses interrogations?

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