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La Russie aura de nouvelles armes
Vladimir Poutine a voulu réaffirmer, le statut de puissance militaire nucléaire de la Russie. Dans une déclaration faite devant l?assemblée annuelle des cadres dirigeants de l?armée, à Moscou, le chef du Kremlin a affirmé que la Russie serait bientôt dotée de nouveaux systèmes d?armements ?qui n?existent pas et n?existeront pas dans les prochaines années chez les autres puissances nucléaires?.
«Nous ne faisons pas que procéder à des recherches et à des essais de missiles nucléaires les plus modernes, a-t-il dit. Je suis persuadé que dans les prochaines années ils feront partie de nos équipements.»
Washington a réagi à ces propos en en minimisant la portée. «Nous ne voyons là rien de nouveau, a commenté un porte-parole de la Maison Blanche, les efforts de la partie russe en matière de modernisation dans ce domaine nous sont bien connus.» Le Pentagone a précisé que le bouclier antimissile américain n?était «pas conçu contre des attaques à longue portée en provenance de Chine ou de Russie».
Faute de précisions apportées par les officiels russes, les experts à Moscou ont spéculé sur la nature des nouvelles armes évoquées par Poutine. «Poutine faisait sans doute allusion à une nouvelle version, mobile, de nos missiles Topol-M, qui n?existent actuellement qu?à l?état fixe, installés dans des silos?, estime le spécialiste en armements Andrei Fralov de l?institut Pir. Mais Poutine avait peut-être aussi à l?esprit le nouveau missile à lancement maritime «Boulava», dont les premiers essais sont prévus en 2005.
<B>FORTE RHÉTORIQUE</B>
Le ministre de la défense russe, Sergueï Ivanov, a détaillé, mercredi, le programme d?équipement des forces armées pour 2005. Il a annoncé l?achat de quatre missiles stratégiques nucléaires à têtes multiples, neuf satellites militaires et cinq lanceurs de missiles. Ces commandes sont les plus importantes depuis cinq ans.Au lendemain de l?attaque terroriste de Beslan, Vladimir Poutine avait accusé des pays étrangers de vouloir ?arracher à la Russie des morceaux juteux?. Un responsable de l?administration présidentielle, Vladislav Sourkov, avait ensuite développé une forte rhétorique anti-occidentale, perçue comme le reflet de la tournure d?esprit des «siloviki», les anciens membres du KGB qui peuplent l?entourage de Poutine.
Le limogeage cet été du chef d?état-major russe, Anatoli Kvachnine en place depuis l?époque Eltsine, a en outre marqué une reprise en main des structures militaires par Vladimir Poutine. Le président s?est prononcé, mercredi, pour la mise en place d?une agence chargée de centraliser les commandes en armements des différentes forces armées. Ce secteur est marqué par de nombreux détournements de fonds.
«La réalisation des programmes d?armements se fait en réalité avec difficulté depuis des années», souligne l?expert Andrei Fralov. Poutine fait de temps à autre des déclarations rassurant les militaires. Au printemps, il avait déjà tenu des propos similaires, lors d?une visite sur la base de lancement de Plessetsk, dans le Grand Nord russe.
<B>© 2004 le Monde-Distribué par
The New York Times Syndicate</B>
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