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La Rupture
On peut reconnaître à La Rupture, film signé Peyton Reed, le mérite de ne pas tromper son public pour ce qui est de la qualité de la marchandise. Le début du film nous montre Vince Vaughn abordant Jennifer Anniston lors d’un match de base-ball, cela avec un sans gêne et une lourdeur à faire décamper n’importe qui. La séquence suivante est un défilé de photos souvenirs qui nous montrent que la belle s’est laissée emballer et que les deux se sont mis ensemble. Cinq minutes de clichés qui annoncent le pire et les 100 minutes qui suivent viennent le confirmer.
La Rupture a été officiellement présenté par ses auteurs comme étant une “anti-comédie romantique”. Dénomination qui aurait pu laisser croire ou espérer un film d’une grande originalité de ton, audacieux dans son approche du sujet traité ; en tout cas, une œuvre même mineure qui n’appartiendrait à aucun genre. En fait, on a surtout l’impression que le film essaie de se complaire à plusieurs genres sans vraiment que le réalisateur comme les scénaristes ne trouvent le courage de s’affirmer réellement dans l’un ou dans l’autre. Le début fait penser à Quand Harry rencontre Sally sans jamais parvenir à rendre les personnages que jouent Jennifer Anniston et Vince Vaughn réellement brillants et attachants. Sans compter que ça ne dure que le début du film. Il y a la part importante dans cette histoire, faite aux amis respectifs des deux partenaires (ou des deux camps) et qui fait penser aux comédies new-yorkaises, genre Woody Allen.
L’ennui (et ennui, il y a véritablement), c’est que non seulement l’histoire se passe à Chicago, mais que les amis en question ne sont pas suffisamment intéressants dans le genre déjantés pour qu’on puisse réellement rire de quoi que ce soit. Il y a bien John Favreau qui fait de son mieux, mais le scénario ne lui est d’aucun secours. Sans compter que les personnages principaux venant de milieux différents, leurs amis représentent deux tranches bien différentes et plutôt antagonistes de la petite bourgeoisie américaine. Cela nous aurait fait une exquise petite comédie sociale, si seulement le film avait persisté dans cette voie.
Pour tout dire, il est impossible en regardant ce film, de se définir ce qu’est censé être une “anti-comédie romantique”. Cela pourrait signifier que l’histoire soit anti-romantique dans le sens où le couple brisé ne se reconstitue pas et que Jennifer Anniston et Vince Vaughn finissent se battre pour l’appartement tout en tentant la reconquête de l’autre parce que toujours amoureux. Dans lequel cas, on aurait préféré une comédie au vitriol dans le genre La Guerre des Roses (Danny De Vito, 1990).
Mais, s’il y a un registre dans lequel La Rupture ne fait pas, c’est bien celui de la noirceur ; ni même celui de l’outrance, d’ailleurs. D’accord, on voit bien qu’à travers la bagarre que se livre les deux “ex” pour le moindre mètre carré et les coups tordus qu’ils se font, il y a l’envie de se remettre ensemble. Mais, la comédie s’arrête là. Les coups tordus surprennent plus les protagonistes que le public qui lui, s’y attend. Par conséquent, aucun gag, aucun humour, rien qui prête réellement à rire.
Ce qui porte à penser que La Rupture se veut une anti-comédie, puisque tout cela n’est pas vraiment amusant. Si tel était le but du film, on peut dire qu’en ce sens il est en effet réussi. À moins d’être lecteur d’une certaine presse de bas étage (celle dite “pipole”) et admirateur inconditionnel de Jennifer Aniston, on ne pensera pas grand-chose de cette histoire.
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