Publicité

La Route Balisage, R-Bois, se réjouit du prix Nobel de la paix 1979

18 octobre 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

“Bénie soit Wangari Maathai ! ”, venons-nous de nous écrier à l’annonce de l’octroi à cette apôtre africaine de l’écologie du Prix Nobel de la Paix 2004 ; comme, l’an passé, nous nous sommes réjouis de la remise du Prix Nobel de la Paix 2003 à cette championne des droits de la femme qu’est l’Iranienne Shirin Ebahi. Il y a 25 ans, c’est la Route Balisage à Roche-Bois qui se réjouit le plus du choix du comité norvégien chargé de désigner les lauréats du Prix Nobel de la Paix. Faut-il encore savoir que la Route Balisage abrite le couvent des Sœurs missionnaires de la Charité. Faut-il encore savoir que le Prix Nobel de la Paix 1979 est attribué à la fondatrice de cette congrégation religieuse, à cette grande amie de l’île Maurice, à Mère Teresa, aujourd’hui Bienheureuse Mère Teresa. Le Prix Nobel de la Paix 1979 couronne l’Amour avec un A majuscule. Il couronne l’Amour sans bornes d’Agnes Gonxha Bajaxhiu pour des millions de déshérités. Il couronne l’Amour du second mahatma, la seconde Grande Ame, que l’Inde offre à l’Humanité du XXe siècle, à l’Humanité des temps présents et aux générations futures.

Depuis 1972, les Petites Sœurs de Mère Teresa, dans leur célèbre sari blanc à liséré bleu, incarnent ce grand Amour terésien en terres mauriciennes. Depuis, elle nous a fait à plusieurs reprises l’honneur et l’amitié d’une visite, dont quelques mois seulement avant l’attribution de ce Prix Nobel de la Paix dont elle rehausse considérablement le prestige et la notoriété.

Les Petites Sœurs de Mère Teresa éprouvent quelques difficultés, à Roche-Bois, à dissimuler leur joie et leur fierté. Mais au-delà d’une satisfaction, ô combien légitime et profonde, elles se savent désormais condamnées à semer à tous vents, avec une énergie redoublée, cet Amour des plus pauvres parmi les pauvres que leur insuffle la fondatrice de leur congrégation religieuse, le gourou de Paulette Mungur et de Liliane Dorsa, les premières Mauriciennes à avoir mis leurs pas dans ses pas.

A Pierre Renaud qui l’interviewe en 1973, elle dit : “Certains sont affamés de pain et d’autres d’amour. Plus difficile de fournir celui-ci que celui-là.” La sympathie, qui irradie de son sourire désarmant, gagne le monde entier et sanctifiera les générations à venir. Elle sait commencer petitement. “Goutte à goutte nous remplirons l’océan”, dit-elle. Même un océan de misère. Dans une école, si chaque écolier apporte une livre de sucre ou de pommes de terre, il y aura de quoi remplir un camion. Mère Teresa, un grand nom qui illumine notre histoire contemporaine. Une frêle silhouette, Route Balisage, Roche-Bois.

Donnons à présent la parole à ce grand admirateur de Mère Teresa qu’est le Père Henri Souchon qui précise tout de suite qu’il ne s’agit pas tant d’admirer l’Apôtre de Calcutta que de suivre son exemple, en prenant à pleines mains les misères et les souffrances qui nous entourent, pour essayer de les soulager. Interrogé sur les liens entre religion et politique, Henri Souchon répond : “Un prêtre non engagé est un pharisien !” Sa soutane 1979 charrie un parfum de scandale, attrapé possiblement au Comité des Trente qu’il préside, sous la tente de grévistes de la faim au jardin de la Compagnie, ou encore lors d’un de ses sermons sur la montagne des Signaux (de détresse). Son franc-parler irrite. Ses options dérangent. Pire encore, son évêque, Mgr Jean Margéot, possède assez d’humour pour accepter avec un sourire compréhensif les “souchonneries” de cette pomme d’amour sacerdotale sans laquelle notre catholicisme manquerait de tonique et de saveur.

Henri Souchon n’a que faire des protestations des bien-pensants et autres grenouilles de bénitier. Il lui suffit de savoir qu’un prisonnier a dit en entendant son sermon en créole sur la montagne : “Mo tan sa sermon-la, mo leker finn rise.” Ce qui compte pour lui est de rester fidèle à l’esprit du Bienheureux Père Laval, de rester fidèle à l’esprit de la Bienheureuse Mère Teresa. Il a lui aussi de l’humour à revendre. Assez en tout cas pour éclater de rire quand des patrons l’accusent de bloquer la rade sous prétexte qu’il a accueilli trois prisonniers, dont des travailleurs portuaires licenciés, lors d’une messe dominicale à l’Immaculée-Conception. Même la sardine bloquant la rade de Marseille n’est pas aussi grosse que celle-là.

Publicité