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La roue ?
L?invention de la roue fait partie de ces trouvailles géniales, bien qu?anonymes, qui ont permis une avancée technique aux prolongements incalculables. Car sans la roue, point de mécanique, ni d?industrie, ni de moyens de locomotion pratiques et rapides, etc. La roue, celle du char, de la brouette ? (la première version à deux roues date de l?époque romaine) remplaça la traction par glissement et poussée, lente, pénible et limitée. Sauf dans les régions enneigées où le traîneau a gardé ses qualités de moyens de transport commode.
Vint ensuite, avec la roue « dentée », l?invention de l?engrenage, (qui daterait du début du xviiie siècle). On trouve pourtant des systèmes de transmission par engrènements dans des machines hydrauliques d?irrigation bien avant 1800. Comme, par exemple, dans le moulin à eau, dont la grande roue à aubes, actionnée par le cours de la rivière, met en marche le mécanisme du broyage des grains. Même technique pour le moulin à vent, dont la force motrice n?est pas l?eau, mais le vent. Ce système reprend du service avec l?énergie éolienne? Rappelons-nous ici Eole, le dieu du vent, qui remet à Ulysse, avant son départ, une outre pleine d?un « vent de secours », au cas où?
De même, la fameuse « machine hydraulique » de Marly-le-Roi, destinée à partir des eaux de la Seine à l?irrigation et à la distribution d?eau au château de Versailles, est un extraordinaire complexe d?élévateurs à roues, dont les travaux débutèrent dès 1680 sous la direction de Vauban. Les « Grandes eaux » de Versailles, pièces d?eau et bassins, consommaient une énorme quantité de liquide, dans une région qui en était dépourvue? Le Roi Soleil avait la passion des jets d?eau.
Le soleil, le roi de notre galaxie, est aussi cette roue de lumière, ce globe de feu qui donne le jour et la vie à notre Terre. Car, en définitive, notre univers est circulaire. La ligne droite n?est qu?une vue de l?esprit. La preuve la plus évidente pour nos yeux est la « ligne d?horizon » vue d?un rivage, et au-delà de laquelle s?évanouit un navire s?éloignant du port? La roue est donc un symbole cosmique. Multipliée par elle-même, elle donne la forme parfaite de la sphère, forme liée au concept d?éternel recommencement, symbole universel issu de la contemplation de la lune et du soleil. Le rayonnement d?un astre, on le voit, repris en miniature, dans la structure banale d?une roue de chariot ou de bicyclette ? l?homme ayant toujours imité la nature. Souvent ces roues comportent douze rayons, (12 nombre biblique et zodiacal). De là, on passe à la Roue de la Fortune, qui n?est pas la voie de la richesse, mais la roue du Destin, car la roue comme la destinée tourne et varie?
La roue tourne, en amenant des jours meilleurs, ou au contraire des revers. Beaucoup de talismans, de bijoux, de pendentifs, d?ornements reproduisent cette forme du cercle, retrouvés dans toutes les civilisations, très fréquent dans l?art celtique et romain, et qui perdure de nos jours. Notre univers étant un espace tournoyant, nos centres de vie empruntent beaucoup à cette figuration ronde : des rondes enfantines et folkloriques, aux danses traditionnelles, en passant par le thème des saisons de l?éternel recommencement de l?Histoire, et du schéma de beaucoup de jeux?
Dans les visions des prophètes, Daniel ou Ezéchiel, la roue enflammée qui sillonne les nuées est signe d?avertissement donné aux humains?
Mais la roue n?est pas seulement solaire, elle est aussi lunaire, car, comme dit le Tarot elle figure le cycle de la vie ? (d?ailleurs, le mot « Tarot » est l?anagramme de « rota », la roue). Précisément, la dixième lame du Tarot est la Roue de Fortune, (fortune entendue comme la destinée, du latin fortuna) la destinée n?étant que perpétuel changement. Au sommet de cette roue, la carte représente un sphinx, « bleu couronné d?or ». En Égypte, comme en Grèce, le sphinx est le gardien du secret.
Dans la chrétienté, la rosace des cathédrales qui surplombe les porches du parvis est également un symbole de la roue du monde. Dans sa sculpture raffinée, éclairée de vitraux, miroir du soleil, elle résume tout le savoir divin, invitant le passant à venir s?imprégner de cet enseignement gravé dans la pierre, à méditer sur les incertitudes du sort dont seul Dieu est la consolation?
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