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La restriction dans le transfert des devises aux Seychelles inquiète la région
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La restriction dans le transfert des devises aux Seychelles inquiète la région
Développer les dessertes aériennes de la région pour donner un coup de pouce au tourisme. La stratégie des autorités de l?océan Indien vise une meilleure intégration économique régionale. Mais elle bute sur la restriction dans le transfert de devises des Seychelles. La question a été évoquée lors d?un colloque aux Seychelles au cours de la semaine dernière. Pour preuve, une des recommandations de l?atelier du transport aérien est le besoin de trouver un mécanisme pouvant faciliter le rapatriement des devises.
Cette même question sera d?ailleurs abordée au Conseil des ministres de la Commission de l?océan Indien qui aura lieu à la fin de mars. D?autant plus que le colloque avait pour thème principal l?intégration régionale face à la mondialisation.
«En termes d?accès aérien dans les pays de la région, il faut donner des chances égales et justes à tous les transporteurs. L??intégration économique régionale implique le démantèlement des barrières», estime Raja Buton, directeur commercial d?Air Mauritius, qui était un des représentants de Maurice lors du colloque.
«Or, ajoute-t-il, cela n?est pas le cas actuellement avec la restriction de transfert de devises des Seychelles. Cette restriction constitue une barrière pour une desserte optimale des Seychelles. Cette situation va même dans le sens contraire de l?intégration au niveau de la desserte aérienne au sein des pays de la COI et entrave les dessertes sur les Seychelles.»
Opinion partagée par Das Appadoo, haut cadre du ministère du Tourisme et des Communications extérieures. «L?intégration économique passe aussi par un assouplissement de la politique au niveau du transfert des devises. Cet assouplissement est une condition indispensable à l?intégration économique régionale.»
Droit de trafic
Ce dernier a aussi souligné que «nous sommes bien plus pour des négociations d?accords bilatéraux au niveau des capacités, du droits de trafic et des fréquences de destination. Même s?il est vrai que nous n?écartons pas les négociations pour des accords multilatéraux à condition bien sûr que nos intérêts ne soient pas lésés».
Raja Buton estime que de grosses opportunités existent pour le développement de la coopération régionale dans le transport aérien. Mais qu?il faut aussi considérer le fait que chaque compagnie est dictée par ses propres impératifs commerciaux et de rentabilité.
«Il faut une coopération équitable et une win-win situation entre les compagnies aériennes de la COI afin de promouvoir le tourisme régional face à une rude compétition occasionnée directement par la libéralisation du transport aérien et face aux low cost long-courriers dans la région», souligne-t-il.
A son avis, les défis qui guettent les transporteurs de notre région sont énormes, face à la concurrence croissante de l?industrie aérienne. D?où la nécessité d?avoir une compagnie forte pour chaque Etat membre. Et chaque entreprise doit être viable et rentable pour ne pas compromettre sa survie, explique-t-il.
Raja Buton se prononce aussi en faveur d?une synergie entre les compagnies de la région pour baisser les coûts de production, notamment une synergie d?achat et la programmation des vols afin d?offrir une liaison plus fréquente vers les pays de la région.
Dans cette optique, il juge essentiel que les compagnies exploitent les atouts des îles de cette partie de l?océan Indien. Notamment la complémentarité qu?elles offrent, plages, pêches au gros, éco-tourisme. Il s?agit aussi de faire des promotions conjointes afin de dynamiser l?industrie du tourisme.
«Beaucoup reste à faire en termes de promotion conjointe, tarifs triangulaires, cartes de fidélisation et shopping packages. Il faut une plate-forme commune pour le marketing de la région et un plan intégré rassemblant tous les acteurs touristiques : Etats, hôtels, compagnies aériennes et tour-opérateurs», fait ressortir Raja Buton.
Un peu plus de 900 000 touristes ont visité Maurice en 2007. La Réunion accueille quelque 435 000 touristes annuellement et Madagascar, 350 000. Du côté des Seychelles, ils sont environ 160 000 à visiter le pays annuellement et pour les Comores, les touristes se chiffrent à 20 000.
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