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La relance économique sous contraintes budgétaires

3 août 2005, 00:00

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Le présent régime accuse son prédécesseur dans le discours-programme de n?avoir pas suffisamment fait pour réduire le déficit public. La question sera au c?ur de sa politique économique. L?assainissement des finances de l?Etat demeure une mission inachevée à laquelle le gouvernement de Navin Ramgoolam promet de s?atteler en priorité.

Une nouvelle dimension sera données au ?size and cost of government?. L?engagement financier de l?Etat dans l?économie sera revu et soumis à de nouvelles considérations. Quels seront ces secteurs qui encourront une certaine réduction de cet engagement et dans quels autres domaines, l?Etat mobilisera-t-il encore plus de ressources ?

Les préoccupations du gouvernement devront tenir compte de la nécessité de ramener le déficit fiscal à un niveau plus gérable. Le déficit budgétaire représente 5,4 % du produit intérieur brut. La norme acceptable internationalement est de 3 %. Le gouvernement a du pain sur la planche pour réduire le train de vie de l?Etat et augmenter les revenus.

Sur le plan de la gestion des dépenses, l?Alliance sociale maintient un certain nombre de mesures préconisées par l?ancienne équipe. La Medium Term Expenditure Framework sera appliquée dans l?optique d?une stratégie de dépenses qui soit plus axée sur la recherche des résultats. L?objectif du mécanisme est de réduire les sources de gaspillage et promouvoir les principes de discipline et de rigueur budgétaire au sein de l?administration publique.

Les recommandations du directeur de l?audit ne resteront pas lettre morte, promet le discours-programme. Un système de suivi sera instauré pour que les failles identifiées dans le rapport de l?audit soient remédiées et éviter que d?autres cas semblables ne se reproduisent. Les gros projets de l?infrastructure publique seront soumis à plus de contrôle à partir de la phase de conception jusqu?à la livraison des chantiers afin d?éviter les coûts additionnels. De nouvelles directives seront émises pour une meilleure utilisation et protection des biens de l?Etat.

Mais les efforts d?élimination des gaspillages ne sont qu?une partie de la solution. Le discours-programme n?identifie pas les gros postes de dépenses de développement du présent mandat. Par contre, la lutte contre la pauvreté reste au centre des préoccupations, même si les politiques spécifiques ne sont pas énoncées. Le logement social, le réseau routier, le transport en commun, la santé, l?éducation, et la gestion de l?environnement devraient continuer à absorber les ressources financières de l?Etat en grande quantité.

Ramener la dette à un niveau soutenable

Le programme du gouvernement promet plusieurs mesures sociales tel le transport gratuit pour les étudiants et les personnes âgées, ce qui aura une incidence sur le budget.

Mais les grandes orientations budgétaires se heurtent à la dette publique. Le remboursement des emprunts contracté par l?Etat prend une partie substantielle des recettes. Le niveau de la dette a pris des proportions inquiétantes ces dernières années. L?ancien régime avait pris des dispositions pour rééchelonner les remboursements. Mais le coût du service de la dette demeure un obstacle majeur à la réduction du déficit fiscal.

Le gouvernement ne précise pas ses options en matière de gestion des emprunts, mais affirme qu?il veillera de près à la dette afin de la ramener à des niveaux plus soutenables.

Sur le plan de la collecte des revenus, les travaillistes et leurs alliés maintiendront la Mauritius Revenue Authority, la nouvelle structure conçue par l?ancien régime pour regrouper toutes les agences fiscales sous un seul toit. L?objectif de la nouvelle institution était d?améliorer et d?harmoniser la collecte les différentes taxes.

Il y aura l?introduction de nouvelles dispositions pour mieux traquer les fraudes et autres irrégularités fiscales. Il annonce également des mesures pour simplifier et rationaliser les plans d?incitation fiscale accordés aux industries. La politique fiscale sera plus transparente et l?administration du système de la taxe sera axée sur une distribution plus équitable du fardeau fiscal.

Alors que la nécessité de maximiser les recettes dans les caisses de l?Etat est à l?ordre du jour, le gouvernement prône en même temps une certaine détente fiscale notamment, au niveau de l?impôt qui frappe des catégories sociales moyennes. Le gouvernement réitère sa promesse de soulager la pression de l?impôt sur ceux qui touchent jusqu?à Rs 25 000 mensuellement.

Il ne dévoile pas beaucoup de ses options pour s?attirer les revenus additionnels nécessaires pour financer ses projets et réduire le déficit public. Dans l?état actuel des choses, le redressement des finances de l?Etat paraît davantage un souhait qu?une stratégie économique.

Seule une croissance revigorée (d?un taux annuel de 7 à 8 % pour les prochaines années) pourra restituer une certaine fermeté durable dans le fisc et permettre au budget national de se prendre en charge.

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