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La racine du succès

23 octobre 2003, 20:00

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Il y a trois ans, Jean-Marc Mardi était encore un sculpteur inconnu. Les interviews avec la presse n?étaient pas sa tasse de thé. Il préférait travailler dans l?ombre sur des troncs et des racines pour gagner son pain. Depuis qu?il s?est joint au Groupe Artistique de Bambous, de nouveaux horizons se sont ouverts pour le sculpteur. Il participe prochainement au Symposium international de la sculpture à Morges, en Suisse.

La timidité de Jean-Marc Mardi est désormais chose du passé. Il raconte son parcours sans rien omettre. Le sculpteur ne cache pas qu?il est un recalé du Certificate of Primary Education. ?J?étais une tête de mule. Mes parents se demandaient ce qu?ils allaient faire de moi.? Il fait ainsi son entrée au centre d?apprentissage de Bambous, maintenant au collège St-Mary?s de Bambous.

Il côtoie Julien Lourdes et Rosemay Marie qui l?initient à divers métiers, notamment la menuiserie. ?Le frère Lourdes me montrait comment faire des trains miniatures en bois. Un jour je suis rentré chez moi avec un ciseau pour m?amuser.?

Apprentissage

Effectivement, en rentrant chez lui, il cherche un morceau de bois pour façonner un dodo. Il prend comme modèle la gravure sur une boîte d?allumettes. Deux jours plus tard, le résultat est impressionnant. Il court vers sa mère Noëlline pour lui montrer l??uvre qu?il a réalisée. Il en est tout fier car on ne lui prévoyait pas un brillant avenir dans cette voie. ?C?est ma mère qui m?a encouragé. Mon père Clément était content de moi lui aussi.? Comme quoi, la persévérance paie.

Issu d?une famille modeste, Jean-Marc Mardi doit trouver des sous pour payer le centre d?apprentissage. Le curé de la paroisse de Bambous, Gérard Lajoie, lui confie de petits travaux à temps partiel. La somme de Rs 40 qu?il reçoit chaque semaine est mise de côté pour le centre d?apprentissage.

C?est après avoir fait son entrée au collège technique de St-Monfort qu?il se donne à fond à la menuiserie. Les bois n?ont plus de secrets pour lui. L?artiste s?adonne à plein temps à la sculpture. C?est dans les magazines qu?il trouve des modèles pour ses travaux. ?Les racines ou les troncs ont déjà une forme. Il suffit de les retravailler pour leur donner l?aspect?, recherché, explique-t-il.

Agé de trente ans, Jean-Marc Mardi ne sait plus combien de sculptures il a réalisées. ?Plus d?une centaine sans doute, je ne sais pas exactement. Il me faut, en moyenne, trois jours pour finir une sculpture?. Les prix de ses ?uvres varient entre Rs 700 et Rs 25 000 selon leur qualité.

Depuis que Jean-Marc Mardi a intégré le Regroupement artistique de Bambous, les choses vont beaucoup plus vite. Il se souvient à quel point il était ému quand on lui a proposé un vernissage alors qu?il travaillait sur une pierre. ?Le mot vernissage m?était inconnu.? Sa première exposition à Bambous en l?an 2000 a été une réussite. C?est le tremplin qui le met en confiance. Son exposition à Bambous s?ouvre aujourd?hui.

Mais c?est la Suisse qu?il a en ligne de mire. Michel Hotentote et Lewis Dick qui ont participé à deux reprises à cette manifestation artistique lui prodiguent des conseils. Le sculpteur travaille sur des troncs de tamarinier, réputés pour leur dureté. En Suisse, il n?aura qu?une semaine pour transformer un tronc d?un peu plus d?un mètre de haut en une sculpture. ?Je travaille pour faire honneur à mon pays?, conclut-il.

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