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?La PSC doit revoir son sytème de sélection des candidats?

9 octobre 2003, 20:00

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Sur quelle note avez-vous quitté la présidence de la PSC hier ?

Je pars en toute tranquillité. Notre équipe n?avait jamais pensé qu?on serait à la PSC un jour. Quand on a fait appel à nous en octobre 2000, l?ancien président Uteem laissait entendre qu?il voulait un nouvel élan à la PSC. Je pense que nous avons accompli ce qu?on attendait de nous.

Le non-renouvellement de votre mandat a suscité beaucoup de commentaires. Y a-t-il eu divergences entre vous et le gouvernement durant ces trois ans ?

Il n?y a pas eu de problème. Je peux vous affirmer que nous avons été à l?abri des courants politiques. On a respecté notre indépendance et notre liberté de pensée.

Comment expliquez-vous alors qu?on ne renouvelle pas cette confiance placée en vous ?

J?essaie de le comprendre moi aussi et je me dis que peut-être je ne cadre pas avec la nouvelle donne qui se met en place. En tout cas, je ne le saurai jamais.

Avez-vous réalisé tout ce que vous souhaitiez ?

Au niveau du recrutement, nous avons essayé de faire le maximum. Mais pas suffisamment pour ce qui est de la réorganisation de la Fonction publique. Cette année, la PSC fête ses 50 ans d?existence et il est l?heure de redéfinir son rôle. Depuis plusieurs années, tous les gouvernants qui se sont succédé évoquent l?urgence de la réorganisation de la Fonction publique. Il faut savoir que la réforme du service civil doit marcher de pair avec celle de la PSC. Si on veut réussir cette réforme, toutes les institutions concernées par l?organisation de la Fonction publique et soucieuses de sa bonne marche doivent s?asseoir autour de la même table et réfléchir ensemble.

Avez-vous enclenché la discussion sur l?avenir de la PSC durant votre mandat ?

Il n?y a pas vraiment eu de discussions approfondies car nous étions surtout concentrés sur les recrutements. Il y avait énormément de postes à pourvoir et c?était notre priorité. Dans la préface du rapport que nous avons rendu public juste avant notre départ, je fais quelques suggestions. Je relance, par exemple, l?idée d?un Civil Service College. Je suis pour une seule commission qui regrouperait la PSC et la Disciplined Forces Service Commission. C?est une façon d?économiser l?argent des contribuables et d?optimiser les ressources. A quoi bon, pour un petit pays, d?avoir deux commissions avec un même président ?

La PSC est souvent prise à partie par les candidats qui se disent ?meilleurs? et qui sont restés sur la touche après une sélection ? Est-ce que vous laissez les ?meilleurs? dehors ?

Je ne crois pas. Cela devient extrêmement difficile aujourd?hui de choisir sans faire de mécontents. Comment voulez-vous qu?il n?y ait pas de frustrations lorsqu?il y a 1700 demandes pour 125 postes d?enseignants dans le secondaire ? Pour trois postes d?enseignants en accounting & business studies, nous avons reçu 1600 candidatures. Et, de plus en plus, pour les jobs où on ne demande que le school certificate avec cinq credits comme celui de clerk officer, les HSC holders et les degree holders se bousculent. Evidemment ceux qui détiennent seulement leurs cinq credits ont très peu de chance d?être élus.

Comment procédez-vous ?

Nous faisons d?abord une petite liste basée uniquement sur les qualifications des demandeurs. On va appeler au maximum une centaine de candidats pour l?entrevue et la majorité reste dehors. Mais un tas d?autres critères entrent en jeu au moment de choisir la personne que nous pensons être la plus apte à occuper un poste. L?entretien avec les candidats est déterminant et nous renseigne davantage sur le profil du demandeur. Si les recrutements se font entièrement par la PSC, en revanche, quand il s?agit d?une sélection pour une promotion dans la Fonction publique, le ministère concerné a son mot à dire. Je souligne que la PSC a très peu de marge de man?uvre pour l?exercice de promotion.

Est-ce que vous donnez l?assurance que la PSC fait montre de beaucoup de transparence ?

On agit dans la transparence et en toute indépendance. On ne peut mettre en doute l?intégrité des commissaires impliqués dans les sélections. Peut-être qu?il faudrait prendre certaines initiatives pour donner cette garantie de transparence au public. Par exemple, pourquoi ne pas rendre publique la liste de tous ceux qui ont fait une demande pour un poste et leurs qualifications également mais à condition que les journaux respectent le privacy de ces personnes. Cette pratique est en cours dans certains pays dont la Suède. C?est au gouvernement de décider.

Comment se fait-il que des jeunes détenant le diplôme de PGCE délivré par le MIE n?ont pas été choisis comme enseignants l?an dernier ?

C?est vrai que ces personnes ont fait acte de candidature. Mais au moment où l?appel avait été lancé, elles ne détenaient pas encore leur diplôme. La sélection a été faite vers juin et les résultats de PGCE sont tombés en décembre.

Quel recours pour ceux qui veulent contester les décisions de la PSC ?

Le seul moyen à leur disposition pour l?heure est d?aller vers la Cour suprême. C?est une démarche qui coûte beaucoup d?argent et qui prend beaucoup de temps. Certains préconisent la création d?un tribunal et je crois que cela n?est pas une bonne solution car il n?y a que deux ou trois cas par an. L?idéal serait d?avoir un ombudsman qui aura le droit de regard sur les décisions de la PSC concernant à la fois les recrutements et les mesures disciplinaires. Il faudrait amender la Constitution pour avoir cet ombudsman.

Le système de sélection en vigueur n?est-il pas dépassé ?

Nous faisons le maximum dans les paramètres qui nous sont imposés. C?est vrai qu?il est temps de revoir la méthode de sélection. Il faudrait plus de concours pour certains postes. En France, par exemple, il y a des concours pour tester la connaissance et l?application de cette connaissance. Il faut aussi commencer à penser à la nécessité d?avoir une dose de ?discrimination positive? quand on sélectionne. Le système anglais vient de recommander un certain pourcentage de dames et de personnes issues de ?minority groups?, d?ici dix ans dans la Fonction publique anglaise. En ce qui nous concerne, je pense par exemple à l?intégration sociale des groupes vulnérables. Il ne suffit pas de leur donner une maison et l?accès à l?éducation. Il faudrait des gestes forts en termes d?emploi pour cette catégorie de citoyens.

Désormais, comment occuperez-vous votre temps libre ?

Je me replonge dans les travaux académiques et je relance deux projets qui me tiennent particulièrement à c?ur, un ouvrage sur l??Indian heritage? et un autre sur l?histoire sociale de l?Ile Maurice.

?Depuis des années, les gouvernants qui se sont succédé évoquent l?urgence de la réorganisation de la Fonction publique. Il faut savoir que la réforme du service civil doit marcher de pair avec celle de la PSC.?

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