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La proposition de la fonderie Samlo fait peur

23 octobre 2005, 20:00

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Ce n?est pas encore un bras de fer, mais ça ne saurait tarder. Pour cause, les gros exportateurs de vieille ferraille ne voient guère d?un bon ?il la démarche de Samlo Koyenco Steel Co Ltd (SKS) de vouloir acquérir la totalité de ce produit disponible sur le marché local.

En effet, dans un dossier soumis au ministère du Commerce, il y a 15 jours, SKS propose que les compagnies qui exportent de la vieille ferraille lui vendent leurs produits pour les besoins de sa fonderie qui fabrique des barres de fer de construction.

?Nous manquons de matières premières pour notre fonderie, explique Rajiv Gowressoo, directeur de SKS, et acheter de la vieille ferraille locale nous coûtera bien moins cher que d?en importer. Mais nous nous sommes engagés auprès du gouvernement de ne pas demander une augmentation du prix de la barre de fer de construction pendant 30 mois.? Rajiv Gowressoo ajoute avoir fait de ?gros investissements?.

?Nous employons directement plus de 500 personnes et trois fois plus indirectement. Il faut protéger l?industrie locale et éviter l?exode de devises.? Il se dit prêt à discuter avec les compagnies exportatrices de vieille ferraille, ?qui ont à encourir les frais de transport et les coûts de manutention et autres dans le port?, afin d?arriver à un accord sur le prix de vente. Il y a à Maurice, dit-il, une vingtaine de personnes, principalement de ressortissants indiens, qui en exportent à bas prix vers l?Inde.

Pour l?instant, quatre compagnies dont Scrap Supplies (Mauritius) Ltd, qui exportent vers l?Inde et l?Afrique du Sud, craignent que la démarche de SKS n?entraîne la fin de leurs activités. ?D?autant plus qu?un des anciens fondateurs du groupe Samlo, Mahen Gowressoo, est aujourd?hui ministre du gouvernement.?

Interrogé sur la réticence concernant la proposition de SKS, Gilbert Pigeot, Managing Director de Scrap Supplies (Mauritius) Ltd s?explique. ?C?est beaucoup plus rentable pour nous d?exporter que de vendre sur le marché local car ce dernier n?est pas garanti. Il y a aussi le fait que jusqu?ici, nous n?avons eu aucun problème de paiement auprès de nos clients à l?étranger.?

ll soutient que l?apport des exportations en devises étrangères, soit 80 millions de dollars (Rs 3 milliards) au pays annuellement, n?est guère négligeable. Ces quatre compagnies exportent chacune 20 conteneurs de vieille ferraille par mois. Ce qui représente un volume important en termes de fret pour les compagnies maritimes.

?Si la démarche de Samlo se concrétise, affirme Gilbert Pigeot, cela mettra nos opérations en péril. Comme les trois autres compagnies, nous avons fait de gros investissements avec quelque 600 emplois directs et d?autres indirects.? Dans 15 jours, Scrap Supplies (Mauritius) Ltd devrait recevoir une presse hydraulique qui servira à écraser les carcasses de voitures.

Les directeurs des compagnies exportatrices ont eu des discussions avec le ministère du Commerce à la mi-octobre pour exprimer leurs craintes au sujet des conséquences de la démarche de SKS sur leurs opérations. La proposition serait actuellement à l?étude par des techniciens mais ?aucune décision n?a encore été prise sur ce dossier qui n?est pas prioritaire pour le ministère et les exportateurs n?ont aucune raison d?être inquiets?.

Les opérations de SKS ont été, plus d?une fois, au centre des controverses, notamment sur les normes de qualité de ses barres de fer, les conditions de sécurité et le recrutement de travailleurs étrangers. Après diverses exigences auxquelles la compagnie s?est pliée, le gouvernement lui a enlevé l?interdiction d?opération qui pesait sur elle.

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